Incendies : le CDE 13 et le Sdis 13 anticipent l’évacuation des chevaux


Economie


19 août 2026

Alors que les incendies de forêt se multiplient et peuvent contraindre des centres équestres à évacuer leurs animaux dans l’urgence, une nouvelle organisation se met en place dans les Bouches-du-Rhône. Le Comité départemental d’équitation (CDE 13) et le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 13) ont signé, le 5 juin dernier, une convention destinée à mieux assurer la mise en sécurité des équidés lors des situations de crise.

La signature a eu lieu à l’occasion du Salon des Agricultures de Provence. L’objectif est de structurer une coopération qui existait jusqu’ici de manière informelle, en permettant notamment aux pompiers de s’appuyer sur les compétences et les moyens de la filière équestre.
Car évacuer des chevaux, parfois plusieurs dizaines ou plusieurs centaines, ne s’improvise pas. Incendies de forêt, inondations ou autres événements nécessitant une mise à l’abri rapide peuvent mobiliser des moyens de transport spécifiques et des personnes connaissant le comportement des animaux.
«  Les relations avec le Sdis13 ont toujours plus ou moins existé de manière informelle. Je suis satisfaite que ce travail de longue haleine débouche sur la mise en place d’un système concret », explique Emmanuelle De La Burgade, présidente du CDE 13. Elle prévient toutefois que le dispositif doit encore être consolidé : «  Il reste encore de nombreux éléments à voir et à parfaire dans la mise en place de ce dispositif, mais les fondations sont là et nous continuerons, à collaborer avec le Sdis13 pour l’améliorer de façon continue. »

238 établissements équestres dans le département

Les Bouches-du-Rhône comptent 238 établissements équestres affiliés à la Fédération française d’équitation (FFE). Dans ce département particulièrement exposé au risque de feux de forêt, la convention doit permettre d’anticiper davantage les évacuations et de faciliter la coordination entre les secours et les professionnels du cheval.

Concrètement, le Sdis 13 pourra s’appuyer sur un réseau de professionnels susceptibles de mettre à disposition leurs compétences, leurs équipements et, lorsque cela est nécessaire, leurs infrastructures d’accueil. L’enjeu est double : mettre les animaux à l’abri tout en permettant aux secours de se concentrer sur leurs missions prioritaires.

« Les récents incendies dans le Var et en Gironde ont une nouvelle fois démontré qu’au-delà de la protection des populations, l’évacuation des animaux, et notamment des équidés, doit être anticipée et organisée », souligne Richard Mallié, président des Pompiers13. Le partenariat doit ainsi permettre de structurer une réponse opérationnelle en cas de crise. « Cette convention nous permet de structurer cette réponse opérationnelle en nous appuyant sur les compétences de la filière équestre », poursuit-il. Selon lui, le partenariat avec la Fédération française d’équitation constitue «  un véritable gage d’efficacité pour mieux protéger les animaux lors des situations de crise ».

Une première étape avant un déploiement national ?

Pour la FFE, l’expérience des Bouches-du-Rhône pourrait servir de modèle ailleurs en France. Son président, Frédéric Bouix, estime que la convention « reconnaît l’expertise de la filière équestre dans la mise en sécurité des équidés en situation de crise, quelle qu’en soit l’origine  ». La Fédération entend désormais élargir la démarche : « Notre ambition est désormais de déployer cette démarche à l’échelle nationale, avec l’appui du ministère de l’Intérieur », indique Frédéric Bouix. Il cite notamment les retours d’expérience des incendies survenus dans le Var, en Gironde ou encore en Seine-et-Marne.
La mise en place de ce dispositif doit encore être affinée sur le terrain. Emmanuelle De La Burgade souligne notamment le rôle joué par le Comité régional d’équitation et sa référente incendies, Julie Rivera, ainsi que par la FFE dans l’élaboration de la convention.

Pour les pompiers comme pour les professionnels du cheval, l’objectif est désormais de transformer cette coopération en réflexes opérationnels.


Valérie Noriega