19 août 2026
Et oui à Nice il y a deux préfectures, enfin pas tout à fait, on vous explique
« Deux époques, un même lieu… et plus de 400 ans d’histoire. » Avec ce clin d’œil et une photo ’avant-après’, la préfecture des Alpes-Maritimes met en lumière dans un post son étonnant palais de la place Pierre-Gautier, dans le Vieux-Nice. Un bâtiment devant lequel on passe souvent dans le Vieux-Nice, sans forcément savoir qu’il abrite une préfecture. Enfin pas tout à fait, explications.
La réponse tient en quelques mots et mois ! En 1860, Nice est rattachée à la France après le traité de Turin. L’ancien territoire du royaume de Sardaigne devient alors français et il faut y installer les nouvelles institutions. Le palais royal devient tout naturellement le siège du représentant de l’État : la préfecture des Alpes-Maritimes est créée en 1860. Le changement de propriétaire est assez radical : les rois de Sardaigne laissent place au préfet, mais le décor, lui, reste celui d’un palais.
Depuis, le bâtiment continue d’accueillir réceptions officielles, chefs d’État et grands rendez-vous diplomatiques. De Gaulle y séjournera notamment en 1960, pour le centenaire du rattachement de Nice à la France. Plus récemment, le palais a aussi accueilli la signature du traité de Nice, en 2001.
La préfecture que l’on voit dans le Vieux-Nice n’est pas celle où travaillent aujourd’hui la majorité des agents des services de l’État. Inauguré fin 1982, le CADAM (centre administratif) accueille progressivement les services de la préfecture, dont les derniers quittent le palais en 1983. Les services de l’administration préfectorale sont ainsi installés au CADAM, à Nice-Ouest. Le palais de la place Pierre-Gautier conserve sa fonction de représentation : il n’est plus le lieu de l’administration quotidienne depuis plus de 40 ans, mais il reste le palais du préfet, des réceptions et des grands rendez-vous officiels. Et c’est aussi ce qui rend le bâtiment si singulier : depuis 1860, il a changé de régime sans changer de mission. Hier résidence des souverains sardes, aujourd’hui résidence du représentant de l’État.
Valérie Noriega