Tourisme dans les Alpes-Maritimes : une fréquentation stable, mais des dépenses en baisse


Economie


25 août 2026

La Côte d’Azur maintient cet été une fréquentation au niveau de 2025, année record

La Côte d’Azur maintient cet été une fréquentation au niveau de 2025, année record. Derrière cette stabilité, les visiteurs dépensent moins et réservent davantage à la dernière minute.

« La fréquentation globale de cette année est équivalente à celle de 2025, qui était une année record. » Pour Alexandra Borchio Fontimp, présidente déléguée de Côte d’Azur France Tourisme, la saison 2026 tient donc son rang malgré les tensions géopolitiques, les vagues de chaleur et les incendies qui ont marqué l’été.

Alexandra Borchio Fontimp
présidente déléguée de
Côte d’Azur France Tourisme
©Côte d’Azur France Tourisme/ Claire BERTRAND

Dans les hôtels, les chiffres restent bien orientés : 87 % de taux d’occupation en juin, soit deux points de plus qu’en 2025, puis encore 87 % en juillet, en hausse d’un point. Août s’annonce plus stable, entre 84 et 86 %. Mais c’est du côté des locations entre particuliers que la progression est la plus nette : +8 % de nuitées en juin, +4 % en juillet, autour de +10 % attendus en août et jusqu’à +16 % en septembre.

Du littoral à la montagne

Les grands pôles urbains et littoraux restent les principaux moteurs de la fréquentation : Nice, Cannes, Menton ou encore Antibes Juan-les-Pins. En montagne, la fréquentation reste stable par rapport à l’an dernier, mais «  il y a un effet canicule qui renforce ponctuellement l’attractivité des stations de montagne en tant que destinations de fraîcheur », souligne Alexandra Borchio Fontimp. Dans les résidences de tourisme, le taux d’occupation en zone montagne a atteint 59 % en juillet, contre 55 % en juillet 2025. À Valberg, il a même dépassé les 70 % à la mi-août. Les professionnels y font état d’une « belle saison  », avec des activités de nature qui ont le vent en poupe.
La clientèle étrangère reste également très présente. « Les visiteurs étrangers représentent habituellement près de 60 % des nuitées en juillet et août et nous constatons que la dynamique internationale est au rendez-vous cette année encore  », indique la présidente déléguée de Côte d’Azur France Tourisme. Les États-Unis, premier marché étranger, affichent des réservations aériennes en hausse de 8 % au 9 août. L’Europe centrale et de l’Est progresse de 25 %, les Pays baltes de 57 %.

Les stations de montage ont attiré les touristes, en tant que destinations de fraîcheur mais aussi pour les équipements d’été qui séduisent de plus en plus (Ici le Dôme à Valberg qui a ouvert au début de l’été) ©OT VALBERG

Présents, mais plus attentifs à leurs dépenses

La fréquentation résiste, le portefeuille un peu moins. « La question du pouvoir d’achat est devenue cruciale  », confirme Alexandra Borchio Fontimp. Le budget moyen dépensé sur place recule de 6 %, à 120 euros par personne et par jour. Les arbitrages deviennent plus fréquents entre restauration, shopping et activités payantes, au bénéfice notamment de la randonnée, du vélo, des espaces naturels ou des animations familiales gratuites. La restauration est davantage sous pression  : les professionnels dressent un bilan contrasté, surtout en août. Le déjeuner apparaît particulièrement affecté, notamment pour les établissements dont les terrasses sont très exposées au soleil. Le rapport qualité-prix devient également « un critère de choix toujours plus déterminant ». À cela s’ajoute « l’explosion des réservations de toute dernière minute », qui rend plus difficile l’anticipation des besoins, notamment en personnel, pour les hôteliers et les restaurateurs.

Septembre et octobre déjà bien orientés

Août demeure le mois le plus fréquenté, mais la saison ne s’arrête plus avec lui. «  Il est manifeste que notre volonté d’étaler la saison estivale de fin mai à mi-octobre porte ses fruits », estime Alexandra Borchio Fontimp, qui cite les «  très bons taux de réservation pour septembre et octobre ». Cette évolution suit aussi les comportements des visiteurs : « recherche de fraîcheur en juillet-août qui pousse les visiteurs vers les hauteurs, recherche de soleil et de douceur à l’arrière-saison qui attire ces mêmes visiteurs vers la Côte d’Azur  ». Après un été au niveau de fréquentation de 2025, septembre et octobre pourraient donc prolonger la dynamique touristique dans les Alpes-Maritimes.


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Manon Laniel