25 août 2026
Le site de Tarascon de Fibre Excellence doit fermer le 28 août, après la liquidation judiciaire
Le site de Tarascon de Fibre Excellence doit fermer le 28 août, après la liquidation judiciaire prononcée fin juillet. La Région Sud entend désormais éviter le démantèlement de l’outil industriel et travaille à un scénario de reconversion, alors que l’autre usine française du groupe, à Saint-Gaudens, fait encore l’objet d’un projet de reprise.
Le calendrier est désormais fixé. Le 28 août, le site de Fibre Excellence à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, doit fermer ses portes. Les 270 salariés de l’usine sont concernés par les licenciements consécutifs à la liquidation judiciaire prononcée le 29 juillet par le tribunal de commerce de Toulouse.
Pour la Région Sud l’enjeu est de préserver le potentiel industriel du site. La collectivité entend notamment éviter que la liquidation ne se traduise par le démantèlement de l’outil et la disparition d’un foncier industriel stratégique.
La Région rappelle avoir engagé 3 millions d’euros en 2020 pour contribuer à l’acquisition d’une turbine de cogénération destinée à produire de l’électricité renouvelable. Alors que les difficultés financières de Fibre Excellence se sont aggravées, elle indique avoir également participé aux discussions autour de plusieurs scénarios de reprise, notamment en renonçant à une créance de 2,3 millions d’euros et en se disant prête à mobiliser 3 millions d’euros supplémentaires via son fonds souverain régional. Ces efforts n’ont toutefois pas permis d’inverser la décision du tribunal. Selon la Région, celle-ci a notamment mis en évidence la fragilité stratégique du site de Tarascon, dont la diversification aurait nécessité plus de 130 millions d’euros d’investissements.
La chute de Tarascon s’inscrit dans une crise plus large de Fibre Excellence. Le groupe, qui exploite les deux dernières grandes usines françaises de pâte à papier marchande, a été placé en redressement judiciaire fin avril. Les difficultés ont notamment été aggravées par la hausse du coût du bois et par les pertes liées à la production d’électricité issue de la biomasse.
A quelque 300 kilomètres de là, l’usine de Haute-Garonne, qui emploie elle aussi environ 270 salariés, bénéficie encore d’une perspective industrielle. Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire pour permettre de finaliser une offre de reprise portée notamment par la Région Occitanie et plusieurs investisseurs privés. Une nouvelle échéance est fixée au 3 septembre.
Le projet actuellement sur la table représente environ 90 millions d’euros de financement et d’investissements. Il prévoit notamment la reprise des actifs du site pour 25 millions d’euros, 30 millions d’euros de prêts de la Caisse des dépôts et consignations ainsi que l’entrée au capital de la Région Occitanie, du conseil départemental de Haute-Garonne et d’investisseurs privés. Il manquerait encore environ 5 millions d’euros pour boucler le financement selon Carole Delga.
Pour Tarascon, la Région Sud veut transposer cette logique de diversification à un site dont la vocation papetière paraît désormais compromise.
Une première étude économique commandée par la collectivité a identifié plusieurs pistes de reconversion, parmi lesquelles le BTP, la logistique et l’économie circulaire. Elle a également recensé les principaux atouts du site : son foncier industriel, son accès au Rhône ainsi que sa proximité avec les grands axes de transport et les infrastructures énergétiques.
La collectivité estime ainsi que la liquidation de l’usine ne doit pas nécessairement signifier la fin de toute activité industrielle sur le site.
L’enjeu est d’autant plus important que la fermeture dépasse largement les 270 emplois directement concernés. La disparition de l’usine fragilise une filière bois qui irrigue tout le territoire et prive le bassin de Tarascon de l’un de ses principaux sites industriels. Plusieurs milliers d’emplois indirects et induits sont considérés comme exposés à la disparition de l’activité.
Après une rencontre avec les organisations syndicales le 21 août, la Région Sud annonce le lancement d’une seconde étude, cette fois confiée à l’agence de développement économique risingSUD. Objectif : approfondir les scénarios économiques et identifier un projet susceptible de donner une nouvelle vocation industrielle au site. La collectivité souhaite parallèlement organiser un tour de table associant industriels et investisseurs. Une première table ronde doit se tenir début septembre, sous un copilotage avec l’Etat.
Valérie Noriega