Avec ses drones sous-marins, le niçois Cosma veut devenir un acteur mondial « incontournable »


Economie


10 septembre 2026

Sollicitée aux quatre coins du monde, la deeptech niçoise Cosma a de très fortes ambitions

Cosma vient de lever plus de 2 millions d’euros pour aller plus loin et surtout plus vite dans le déploiement de ses essaims de drones sous-marins. Déjà sollicitée aux quatre coins du monde, la deeptech niçoise a de très fortes ambitions.

Avec ses essaims de drones sous-marins, Cosma (ex-DEESS) explore et cartographie les fonds marins pour les industriels. Et ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la technologie développée par la deeptech de 15 personnes qui se partage entre son siège social à Nice et son implantation à la Seyne-sur-Mer dans le Var, aux côtés de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

De gauche à droite : Laura Huguenin,
chef du département biologie ;
Frédéric Mittaine fondateur et président ;
Quentin Chenevier, responsable des données ;
Yannick Penneçot, cofondateur et directeur général.
©Olivia Oreggia

« Nous faisons clairement la course technologique en tête », assure Frédéric Mittaine, son fondateur et président. Mais pour y rester, elle doit aller vite, industrialiser son outil et poursuivre sa R&D. «  Si un client nous appelle pour une intervention dans le Golfe d’Amérique pour un démantèlement de plateforme par exemple, il faut pouvoir répondre et intervenir rapidement, pour espérer installer ensuite du business récurrent, signer des contrats sur du long terme. »
D’où cette nouvelle levée de 2,05 millions d’euros, bouclée auprès de ses investisseurs historiques - Ifremer, Ternel, Wind Capital, Caisse d’Épargne Côte d’Azur et 50 Partners – rejoints par Région Sud Investissement, Ring Capital et Sustainable Ocean Alliance. Une opération qui porte à 7 millions d’euros le montant total levé en 18 mois.

La société vient de lever 2,5 millions d’euros et intéresse de nombreux industriels en France et à l’international. ©Cosma

Des éoliennes d’EDF aux rivières d’Ukraine

Les drones de Cosma collectent de la donnée visuelle et élaborent des cartes dont la précision permet d’aller jusqu’au grain de sable. En juillet, l’entreprise était au nord du Groenland avec l’Institut océanographique de Monaco pour découvrir des zones jusqu’alors inexplorées du fond marin. Elle est actuellement en discussion avec EDF pour inspecter ses éoliennes en mer. Fin septembre, elle partira en Pologne scruter un site de produits chimiques sur la Baltique avant de prendre la direction de l’Ukraine pour accompagner la dépollution pyrotechnique de rivières.
« Au départ, nous avons développé un outil au service des biologistes, afin de leur apporter des images faciles à acquérir et à traiter, précise Frédéric Mittaine. Et assez rapidement, nous avons été contactés par la Marine nationale pour du dérisquage de sites.  » Ingénieur de formation, Frédéric Mittaine refuse d’opposer écologie et industrie, et a toujours œuvré à concilier les deux.

« Une soupe opaque »

Les demandes s’enchaînent pour l’inspection des sites avant d’implanter une éolienne, de poser un câble ou de démanteler une plateforme, ou encore pour identifier une espèce protégée ou s’assurer qu’il n’y ait aucune munition non explosée de la Seconde Guerre mondiale (il y en aurait entre plusieurs centaines de milliers de tonnes et 3 milliards de tonnes immergées)… Sur la planète, le marché est immense. Il s’élèverait, selon Frédéric Mittaine, à « plusieurs milliards d’euros ». « Il faut bien comprendre que les fonds marins ne sont pas une vaste étendue bleue telle qu’on peut se l’imaginer. C’est une soupe opaque, un potage épais avec des courants, des tempêtes, où il n’y a pas de communication haut débit, pas de GPS, où la lumière décroît très vite…  » Un univers encore méconnu que les drones de Cosma parviennent à rendre transparent.

Cosma explore et cartographie avec ses drones les fonds marins pour les industriels ©Cosma

150 millions d’euros de chiffre d’affaires

La deeptech niçoise entend ainsi devenir « incontournable » dans le monde entier. Un leader du secteur. La trajectoire semble bien engagée : « Nous sommes passés de zéro euro de chiffre d’affaires en 2023 à 800 000 euros en 2026, souligne Frédéric Mittaine. Et nous visons 150 millions d’euros d’ici cinq ans. »

Pour accélérer encore, Cosma prévoit une levée de fonds en série A en 2027, avec un objectif avoisinant cette fois les 15 millions d’euros.


Olivia Oreggia