Étude Insee – Courses, tabac, restaurants… les habitants des Alpes-Maritimes ont leurs habitudes en Italie et à Monaco


Economie


11 septembre 2026

51 % des ménages du département ont effectué au moins un achat en Italie au cours de l’année

Une étude de l’Insee publiée en septembre 2026 met en lumière les habitudes de consommation des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur chez leurs voisins italiens et monégasques. En 2024, 51 % des ménages des Alpes-Maritimes ont effectué au moins un achat en Italie, un phénomène qui s’explique notamment par la proximité de la frontière, mais aussi par les prix et certains achats du quotidien.

27 % des ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont réalisé au moins un achat physique par carte bancaire en Italie en 2024. Ils sont également 10 % à avoir utilisé leur carte à Monaco.
Dans les Alpes-Maritimes, les proportions changent nettement d’échelle. 51 % des ménages du département ont effectué au moins un achat en Italie au cours de l’année. Et près d’un tiers (30 %) ont acheté au moins une fois à Monaco.

Ces ménages azuréens sont aussi ceux qui dépensent le plus de l’autre côté de la frontière. En moyenne, un ménage des Alpes-Maritimes ayant consommé en Italie y a effectué 18 achats dans l’année, pour un montant total de 960 euros. À Monaco, il a réalisé 17 achats, pour 610 euros en moyenne.

L’Italie attire aussi pour les courses

Les achats transfrontaliers ne sont pas uniquement liés aux vacances ou aux sorties. L’Insee relève notamment le poids important de l’alimentation  : 31 % des dépenses effectuées en Italie par les ménages des Alpes-Maritimes concernent des magasins d’alimentation. À Monaco, cette proportion atteint 28 %.
À l’échelle de toute la région, l’alimentation représente 24 % des dépenses effectuées en Italie, contre 32 % lorsque les ménages consomment en France.
Le différentiel de prix de certains produits peut expliquer une partie de ces déplacements. L’Insee cite notamment l’alcool parmi les produits susceptibles d’être moins chers en Italie.

Le tabac pèse lourd dans les dépenses

Autre particularité des achats en Italie : le tabac. En 2024, 14 % des dépenses physiques des ménages de Paca en Italie ont été réalisées dans des bureaux de tabac, contre seulement 2 % en France.
La proportion grimpe même à 17 % pour les ménages des Alpes-Maritimes et du Var. Selon l’Insee, le prix du tabac, généralement inférieur en Italie, constitue un facteur d’attractivité. Les dépenses des ménages de Paca dans les bureaux de tabac italiens ont d’ailleurs progressé de plus de 35 % entre 2023 et 2024. L’Insee relève également que la suppression, en mars 2024, de la quantité maximale de tabac pouvant être rapportée d’un autre pays de l’Union européenne a pu contribuer à cette progression.

Restaurants, hôtels et shopping : le poids du tourisme

Les achats transfrontaliers restent toutefois largement liés au tourisme. En Italie, 26 % des dépenses des ménages de Paca sont consacrées à l’hébergement et à la restauration, contre 12 % en France. Dans les Bouches-du-Rhône et le Var, cette part atteint même un tiers des dépenses effectuées en Italie. L’habillement et les chaussures occupent également une place plus importante dans les achats réalisés à l’étranger : 8 % des dépenses en Italie et 12 % à Monaco, contre 6 % en France.
À Monaco, le phénomène est particulièrement marqué : 35 % des dépenses des ménages des Bouches-du-Rhône effectuées dans la principauté concernent l’habillement et les chaussures.

Les Alpes-Maritimes concentrent l’essentiel des dépenses

La proximité géographique joue évidemment un rôle majeur. À eux seuls, les ménages des Alpes-Maritimes représentent 54 % des dépenses réalisées par les ménages de Paca en Italie et 87 % de celles réalisées à Monaco. Au total, ils concentrent 60 % des dépenses physiques effectuées par les ménages de la région dans ces deux pays. Les habitudes diffèrent aussi selon les territoires. En moyenne, les ménages de Paca ayant consommé en Italie y ont effectué 15 achats dans l’année, pour 740 euros. À Monaco, ils ont réalisé 12 achats pour 470 euros.
Dans les Alpes-Maritimes, les montants sont donc sensiblement plus élevés.

Occasionnels ou réguliers

L’étude montre enfin deux profils de consommateurs. Près de neuf ménages sur dix ayant acheté en Italie ou à Monaco sont considérés comme des consommateurs occasionnels, effectuant des achats moins d’un mois sur deux. Leur comportement correspond notamment à celui de touristes : leurs dépenses sont davantage concentrées le week-end et pendant les mois de juillet et août. Les Alpes-Maritimes comptent davantage de consommateurs réguliers, notamment en raison des travailleurs frontaliers. À Monaco, 4 % des ménages des Alpes-Maritimes ayant effectué un achat dans la principauté sont même considérés comme des consommateurs très réguliers. Leur comportement est radicalement différent : ils ont réalisé en moyenne 168 achats dans l’année, pour un montant annuel moyen de 7 180 euros. Ces consommateurs très réguliers ne représentent que 3 % des ménages ayant acheté à Monaco, mais concentrent à eux seuls 40 % des dépenses des ménages de Paca dans la principauté.

Plus largement, l’Insee estime que 13 % du montant total des opérations par carte bancaire des ménages de Paca ont été réalisés à l’étranger en 2024. Il s’agit toutefois pour l’essentiel d’achats à distance : 67 % des opérations concernées sont effectuées en ligne. Pour les achats réalisés physiquement à l’étranger, les pays voisins occupent une place centrale. L’Italie représente à elle seule 28 % des dépenses physiques effectuées à l’étranger par les ménages de la région, devant l’Espagne (20 %) et Monaco (7 %).

Étude Insee Provence-Alpes-Côte d’Azur, « En 2024, un ménage des Alpes-Maritimes sur deux a réalisé au moins un achat en Italie », septembre 2026. L’analyse porte sur les achats physiques par carte bancaire d’un échantillon de clients actifs du Crédit Mutuel Alliance Fédérale ; les données sont anonymisées.


Valérie Noriega