20 septembre 2026
Le musée parisien de la Vie romantique a rouvert après 17 mois de travaux de rénovation.
Le musée de la Vie romantique a rouvert le 14 février dernier après 17 mois de travaux de rénovation. La visite de la maison du peintre hollandais Ary Scheffer reste gratuite, sa scénographie a été repensée pour apporter un nouvel éclairage à la période du romantisme.
Flâner avec curiosité dans le 9e arrondissement de Paris, passer un porche, suivre une allée bordée d’arbres et la maison du peintre Ary Scheffer dévoile son cadre champêtre. « Atypique et charmant, un air de campagne à Paris. Parfait pour une idée de premier date*. »
Constance a donné rendez-vous à Hugo. Croiser les fantômes des grandes figures du romantisme pourrait mener à la romance. Dans sa demeure, le peintre hollandais Ary Scheffer recevait, les vendredis soirs, dans la tradition des salons littéraires et mondains, les artistes et les intellectuels de son temps. Autour de lui, le cercle prestigieux du Paris romantique : des peintres illustres : Delacroix, Ingres, Géricault ; des compositeurs tels Chopin, Liszt, Gounod, le poète Lamartine… Au rez-de-chaussée de la maison, « on a l’impression que les habitants de cette maison et ceux qui l’ont fréquentée vont sortir de derrière une porte. » C’est ce que ressent Marie Pierre. Leur présence est encore palpable, celle de George par exemple. Son portrait saisit dès l’entrée dans le salon.
George Sand est là, au salon, « l’admirable tête » de l’autrice au regard sombre peinte par Auguste Charpentier. Son regard intense fixe et enveloppe celui qui la contemple. Le rez-de-chaussée lui est, en bonne partie, consacré et raconte son histoire. Celle d’Aurore Dupin : à l’époque, il est plus facile d’être prise au sérieux si l’on est un homme alors Aurore choisit de signer ses livres sous le nom de George Sand, la dame porte même le pantalon de temps à autre. George Sand est l’un des écrivains les plus prolixes de sa génération, elle publie plus de soixante-dix romans, une vingtaine de pièces de théâtre. Elle est aussi un modèle d’émancipation, une figure du féminisme alors que le divorce n’existe pas, Aurore Dupin de Francueil, épouse Dudevant, parvient à se séparer légalement de son mari pour vivre librement entre Paris et Nohant, sa demeure dans le Berry. George Sand devient également célèbre pour ses amours tumultueuses avec Alfred de Musset puis Frédéric Chopin.
Des objets personnels de l’écrivaine sont exposés ; elle venait en voisine aux soirées qu’organisait Ary Scheffer. Au rez-de-chaussée, d’autres figures emblématiques de cette période sont portraiturées : la cantatrice Pauline Viardot, l’historien Ernest Renan… « Les portraits sont impressionnants par le jeu des textures ; cela donne l’impression d’être face à une photo. » Guillemette, une étudiante en art souligne le réalisme des toiles. Les sujets des tableaux pourraient reprendre leur conversation que personne ne serait étonné.
Les œuvres du maître de maison surprennent par le jeu de lumière et l’interprétation spécifique du drame comme l’Eberhard, comte de Wurtemberg pleurant la mort de son fils, dit le Larmoyeur ou encore le Faust dans son cabinet, le savant, héros de la pièce de Goethe, conclut un pacte avec le diable.
Après la pénombre des pièces du premier étage, la balade romantique se poursuit dans la lumière du petit jardin ou à l’ombre de la tonnelle, à l’écart du tumulte de la grande ville.
Ensuite Hugo et Constance repartiront, peut-être inspirés par le destin de George Sand et des fantômes de la maison d’Ary Scheffer.
*Date : rendez-vous amoureux
Marine Einaudi