28 septembre 2026
Un collectif citoyen a manifesté le 26 septembre à Marseille pour exiger des mesures ambitieuses face à l’urgence climatique.
À l’appel d’un large collectif regroupant associations, syndicats, scientifiques et citoyens, une manifestation s’est tenue le 26 septembre à Marseille, au départ de la Préfecture. Les organisateurs entendaient réclamer la mise en place de politiques publiques à la hauteur des enjeux liés au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité.
Selon le collectif, l’été 2026 a marqué un « tournant dramatique » dans la perception des conséquences du dérèglement climatique. Le communiqué fait état de « plus de 8 000 décès prématurés » en France, de dizaines de milliers d’hectares de forêts brûlées et d’une sécheresse historique affectant durement le monde agricole. Pour les militants, ces signaux qui « virent brutalement au rouge » rendent l’inaction politique intolérable.
Dans ce contexte, les déclarations du président de la République, qui affirmait lors de la dernière campagne présidentielle que ce mandat « serait écologique ou ne serait pas » tout en se demandant « qui aurait pu prédire la crise climatique », ont suscité « la consternation et la colère » chez les associations et les scientifiques, qui rappellent alerter en vain les pouvoirs publics depuis cinquante ans. Un membre de l’organisation marseillaise exprime un sentiment d’urgence et de lassitude face au traitement médiatique et politique de la crise.
« Nous avons toutes et tous vécu dans nos chairs un été cauchemardesque. Ce qui me désole, c’est que le débat médiatique en fait une simple actualité, comme si les canicules à répétition étaient un fait divers. Avant de retourner à d’autres sujets de diversion : l’insécurité, le voile, la dette… Notre principale dette, c’est celle envers la nature. Notre principale insécurité : les feux, la chaleur, la montée des eaux. Il nous faut absolument changer de logiciel, c’est une question de survie », témoignait Margot Jacq, membre de l’organisation marseillaise.
La manifestation visait à demander des comptes à l’État, par l’intermédiaire du préfet, mais aussi aux grands médias. Les participants exigent un plan d’urgence « écologiquement soutenable et socialement équitable » pour protéger la population, notamment face aux canicules, un plan d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et un plan d’adaptation des territoires. Pour financer ces mesures, le collectif propose d’instaurer une taxation sur les superprofits des secteurs des énergies fossiles et de l’armement, ainsi que la mise en place d’un impôt sur les plus hauts patrimoines.
Le cortège s’est élancé de la Préfecture en direction de la Porte d’Aix. Plusieurs actions, comme des happenings, des prises de parole et des écrits aux politiques, étaient prévues pour interpeller les responsables. Le collectif invitait tous les citoyens à marcher « pour la justice écologique, pour la justice sociale, pour les vivantes et les vivants, humains et non humains ».
Gilles Carvoyeur