Carburant : les transporteurs routiers dénoncent les retards des aides et l’absence de nouveau dispositif


Economie


23 septembre 2026

La FNTR dénonce le retard pris dans les versements et l’absence de prolongation du dispositif pour septembre

Le transport routier de marchandises reste en attente d’une partie des aides carburant annoncées par le gouvernement. Dans un communiqué publié le 23 septembre, la FNTR dénonce le retard pris dans les versements et l’absence de prolongation du dispositif pour le mois de septembre. Sur le terrain, la délégation FNTR Alpes-Maritimes & Var relaie l’alerte et pointe une situation de trésorerie de plus en plus tendue pour les entreprises.

Dans une publication diffusée le 22 septembre sur LinkedIn, la délégation FNTR Alpes-Maritimes & Var détaille les difficultés rencontrées par les entreprises du secteur : selon l’organisation professionnelle, les premiers versements correspondant aux aides du mois d’avril commencent seulement à être perçus, tandis que les aides relatives au mois de mai ne sont toujours pas arrivées.
La délégation souligne également que le décret attendu pour couvrir les mois de juin, juillet et août n’est toujours pas publié. Elle rappelle enfin qu’aucune aide n’est actuellement prévue pour septembre, alors même que les prix des carburants connaissent une nouvelle progression. «  Les trésoreries sont au plus bas. Les investissements sont à l’arrêt. La situation de l’emploi se dégrade, les défaillances se multiplient  », alerte la FNTR Alpes-Maritimes & Var dans sa publication du 22 septembre.

Alerte nationale

Dans un communiqué daté du 23 septembre, la FNTR estime que le transport routier constitue une nouvelle fois « le grand exclu » des annonces gouvernementales consacrées au prolongement des dispositifs de soutien à plusieurs secteurs.
Selon la FNTR, plus de quatre mois après les premières annonces gouvernementales, le décret concernant les aides correspondant aux mois de juin, juillet et août n’a toujours pas été publié. La fédération affirme qu’aucun versement n’a donc encore été effectué au titre de cette période.
Cette situation prolonge les difficultés déjà signalées par l’organisation début septembre. La FNTR indiquait alors que les entreprises attendaient toujours la publication du troisième décret consacré aux aides de juin à août et que le gouvernement n’avait, à ce stade, prévu aucune aide pour septembre.
La question est d’autant plus sensible que le gazole constitue un poste de coût majeur pour les entreprises de transport. Pour la FNTR, le décalage entre l’évolution des prix et le calendrier des dispositifs publics réduit l’efficacité de mesures présentées comme des aides d’urgence.

Le mécanisme d’indexation au centre des tensions

Face à l’absence de nouveau dispositif pour septembre, les pouvoirs publics renvoient notamment les transporteurs vers les mécanismes permettant de répercuter l’évolution du prix du carburant sur les prestations de transport.
La FNTR demande toutefois un renforcement de l’application de ces mécanismes. Dans sa publication du 22 septembre, la délégation Alpes-Maritimes & Var réclame ainsi un cadre plus contraignant pour l’indexation carburant ainsi qu’un renforcement des contrôles de la DGCCRF. La fédération nationale formule la même demande et souhaite disposer de données précises sur les contrôles réalisés après les signalements des entreprises : contrôles effectués, mises en demeure prononcées et éventuelles sanctions. La FNTR avait déjà indiqué début septembre travailler avec le gouvernement sur une évolution législative du mécanisme de répercussion du coût du gazole, notamment autour du « pied de facture » et du renforcement des dispositifs d’indexation.

Un secteur au cœur de la chaîne logistique

Au-delà du seul coût du carburant, la FNTR met en avant le poids économique du transport routier. Près de 90 % des biens transportés en France le sont par la route, selon des données reprises par la fédération ; France Travail évoque de son côté une proportion de 89 % des biens. La fédération considère donc que les difficultés financières des transporteurs peuvent avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne économique : approvisionnement des commerces, fonctionnement des sites industriels et distribution des marchandises.
La question est particulièrement sensible pour les PME et TPE du secteur, qui constituent une part importante du tissu du transport routier.

La FNTR demande désormais des décisions

Dans son communiqué, la FNTR demande au gouvernement d’accélérer les versements correspondant aux dispositifs déjà annoncés et appelle à une réponse sur la situation du secteur. Elle souhaite notamment être reçue par le Premier ministre. Sur le terrain, la délégation FNTR Alpes-Maritimes & Var relaie cette demande en insistant sur l’urgence financière pour les entreprises. Son message du 22 septembre se résume en trois revendications : accélérer les versements des aides annoncées, renforcer le dispositif d’indexation du carburant et intensifier les contrôles sur son application.


Valérie Noriega