Sécheresse et incendies : la Banque Populaire Méditerranée renforce son soutien aux agriculteurs


Finance


29 septembre 2026

La BPMed déploie un dispositif d’urgence sur-mesure pour accompagner ses clients agriculteurs et viticulteurs.

Face aux difficultés rencontrées par les exploitations agricoles et viticoles après un été marqué par la sécheresse, les épisodes de canicule et plusieurs incendies dans le Sud-Est, la Banque Populaire Méditerranée a annoncé, le 28 septembre, un dispositif spécifique de soutien à ses clients professionnels. La banque régionale prévoit notamment de prendre contact avec l’ensemble de son portefeuille agricole dans un délai de quinze jours.

Cette initiative intervient dans le prolongement du plan d’urgence national d’un milliard d’euros annoncé le 4 septembre 2026 par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Elle vise à répondre aux besoins de trésorerie des exploitations touchées, mais aussi à accompagner leurs investissements dans l’adaptation au changement climatique.

Un contact systématique avec les exploitants

La Banque Populaire Méditerranée mise d’abord sur une démarche commerciale proactive. Ses conseillers doivent contacter l’ensemble des clients agriculteurs et viticulteurs de la banque sous quinze jours afin d’évaluer les conséquences des sinistres sur leur activité. L’objectif est notamment d’identifier les pertes de récoltes, les dégâts provoqués par les incendies ou la sécheresse et leurs conséquences sur les équilibres financiers des exploitations. À partir de ce diagnostic, la banque entend proposer des solutions de financement ou de restructuration adaptées à chaque situation. «  Face à la sécheresse et aux incendies qui ont frappé notre région cet été, notamment dans le Var, notre rôle de banque coopérative et régionale est d’être aux côtés de ceux qui font vivre nos territoires », explique Vincent Thirion, directeur général adjoint en charge de l’exploitation de la Banque Populaire Méditerranée.

Des solutions pour répondre aux tensions de trésorerie

Le premier volet du dispositif porte sur le financement des besoins à court terme. La banque annonce notamment la mise en place d’un prêt « Sécheresse / Incendie », accessible à l’ensemble de ses clients sur son territoire, avec un taux de 2,5 %. Il doit permettre de financer les charges courantes alors que les exploitations font face à une hausse de leurs coûts de production.
La banque prévoit également de proposer le préfinancement des aides publiques. Ce mécanisme doit permettre aux exploitants de disposer de liquidités avant le versement effectif des subventions de l’État, grâce à des financements de court terme proposés à des conditions présentées comme privilégiées. Cette réponse vise notamment les entreprises agricoles confrontées à un décalage entre leurs dépenses immédiates et la perception des aides auxquelles elles peuvent prétendre.

Rééchelonner les dettes pour les exploitations fragilisées

Le deuxième axe concerne les exploitations dont la situation financière s’est durablement dégradée. La Banque Populaire Méditerranée indique vouloir s’appuyer sur le prêt RDRTEA, pour « Regroupement de Dettes Restructurées Moyen Terme avec Garantie Bpifrance ». Déjà opérationnel, ce dispositif permet de regrouper et de rééchelonner certains engagements financiers. Il doit donner davantage de visibilité aux exploitations confrontées à une accumulation de charges et à des difficultés de remboursement à court terme. La banque présente ce mécanisme comme un outil de restructuration destiné aux situations nécessitant une intervention plus globale sur la dette, au-delà d’un simple besoin ponctuel de trésorerie.

Financer l’adaptation au changement climatique

Le troisième volet du plan est consacré aux investissements destinés à renforcer la résilience des exploitations. La banque met en avant son « prêt digital Agri », qui repose sur un parcours d’octroi simplifié afin de réduire les délais de mise à disposition des financements. Elle prévoit également de mobiliser un prêt consacré à l’adaptation au changement climatique, adossé à des enveloppes de refinancement de la Banque européenne d’investissement (BEI) et bénéficiant d’une garantie du Fonds européen d’investissement (FEI). Le dispositif doit notamment financer des investissements dans l’irrigation et la gestion de l’eau, deux enjeux devenus centraux pour les exploitations confrontées à la répétition des épisodes de sécheresse.


Valérie Noriega