30 septembre 2026
La CASA a présente le bilan des actions menées et ses nouvelles ambitions pour 2026 et 2027
Deux ans après le lancement de sa stratégie énergétique, Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA) a présenté au cours d’une conférence de presse mardi 29 septembre, le bilan des actions menées et annoncé de nouveaux projets pour 2026 et 2027.
Engagée depuis 2024, la stratégie de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA) repose sur un double objectif à l’horizon 2030 : réduire de 24 % la consommation énergétique finale par rapport à 2012 et porter à 27 % la part des énergies renouvelables.
« Moins consommer, produire mieux et localement, maîtriser les factures : voilà notre cap pour Sophia Antipolis et l’ensemble de nos communes », résume Jean Leonetti, président de la CASA. Une ligne qui se traduit par des investissements sur le patrimoine public, mais aussi par un accompagnement des communes, des entreprises et des habitants.
Le Pôle Alpha, à Sophia Antipolis, constitue l’une des vitrines de cette politique. Conçu selon des principes bioclimatiques, le bâtiment combine géothermie et photovoltaïque. La géothermie couvre 100 % des besoins de chauffage et 83 % de ceux liés au rafraîchissement, tandis que 450 m² de panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité. « Cela commence par l’exemplarité de nos bâtiments publics. Le pôle ALPHA en est une illustration concrète : grâce à la géothermie et au solaire, les besoins en chaud et en froid sont couverts par des énergies renouvelables », souligne Jean Leonetti.
La CASA cherche désormais à reproduire ce type de modèle sur d’autres équipements. En 2025, la médiathèque de Valbonne a ainsi été équipée de 136 panneaux photovoltaïques, représentant 272 m², tandis que le siège des Genêts accueille 1 400 m² de panneaux pour une production annuelle estimée à 320 MWh. Ces installations doivent alimenter une opération d’autoconsommation collective, afin de permettre un partage local de l’électricité produite. Plus largement, neuf bâtiments communautaires ont déjà fait l’objet d’audits ou d’études visant à identifier les leviers de réduction de leurs consommations. La démarche s’étend également aux écoles et autres équipements publics. « Des diagnostics bâtiment par bâtiment permettent également d’identifier les solutions les plus adaptées », indique le président de la CASA.
L’intercommunalité agit à l’échelle des communes, notamment les plus petites, pour lesquelles les investissements énergétiques peuvent représenter un effort important. La CASA accompagne ainsi les collectivités dans les audits de leur patrimoine, l’identification des zones d’accélération des énergies renouvelables ou encore le développement du photovoltaïque. Son dispositif d’étude du potentiel solaire a déjà donné lieu à 50 études de préfaisabilité et 15 études approfondies. Jean Leonetti met en avant cet accompagnement financier : « La CASA accompagne aussi les communes, notamment les plus petites, avec un fonds de concours pouvant atteindre 35 % pour leurs projets d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables. » L’objectif est de faire émerger davantage de projets locaux, en particulier dans le solaire, tout en réduisant la facture énergétique des collectivités.
La mobilité électrique constitue un autre volet de la stratégie. Entre 2024 et 2026, 88 infrastructures de recharge supplémentaires ont été déployées sur le territoire de la CASA, portant à 170 le nombre de bornes publiques. Le réseau WiiiZ, déployé à l’échelle de cinq territoires, compte près de 400 bornes et enregistre environ 120 000 charges chaque mois, dont 30 % sur le territoire de la CASA : « Développement du réseau WiiiZ, avec un objectif de 200 bornes de recharge à l’horizon 2028 », souligne Jean Leonetti, qui inscrit cette infrastructure dans une politique plus large destinée à accompagner l’évolution des mobilités.
Pour les particuliers, l’un des principaux leviers reste la rénovation énergétique du parc existant. Depuis 2023, la CASA, délégataire des aides à la pierre de l’État, accompagne propriétaires et copropriétés dans leurs projets. Entre 2023 et 2026, 71 opérations de rénovation énergétique globale ont ainsi été accompagnées et financées, pour près de 1,8 million d’euros de subventions. En 2025, une copropriété de 95 lots à Antibes a notamment bénéficié de 204 395 euros d’aides dans le cadre de MaPrimeRénov’ Copropriété. L’ouverture en 2025 de l’Espace Conseil France Rénov’ de la CASA doit faciliter l’accès à l’information et à l’accompagnement pour les habitants. La stratégie passe aussi par des actions plus ciblées sur la maîtrise des consommations, avec notamment la mise à disposition de vannes thermostatiques gratuites, qui peuvent permettre jusqu’à 15 % d’économies d’énergie selon la CASA.
Le volet économique n’est pas absent de cette stratégie. En partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie NCA, la CASA propose aux entreprises des diagnostics énergétiques et des bilans d’émissions de gaz à effet de serre. Des permanences de conseil en énergie complètent depuis cette année le dispositif.
Sept événements consacrés à l’énergie et au climat ont par ailleurs été organisés, dont les Assises Azuréennes des Transitions Énergie et Eau pilotées par la CCI Nice Côte d’Azur, qui ont réuni près de 300 participants en juin 2026. La CASA veut ainsi faire de la transition énergétique un sujet qui concerne directement le tissu économique local, à travers la réduction des consommations, la décarbonation et l’émergence de nouvelles solutions.
Après deux années consacrées au déploiement des premiers dispositifs, la CASA veut désormais élargir le champ de son action. Parmi les projets annoncés pour 2026 et 2027 figurent la réhabilitation de la microcentrale hydroélectrique communautaire du Bar-sur-Loup, l’extension de l’autoconsommation collective et du photovoltaïque, ainsi que la poursuite des études sur un réseau de chaleur et de froid à Sophia Antipolis. L’intercommunalité prévoit également de travailler sur l’effacement électrique et les achats groupés d’énergie, afin de mieux maîtriser la demande et les coûts. Un Plan Paysage Transition Énergétique doit par ailleurs être élaboré, tandis que des actions spécifiques seront consacrées à la lutte contre les îlots de chaleur urbains.
Pour Jean Leonetti, cette politique répond à une double logique : « La sobriété énergétique est à la fois un enjeu écologique et économique, pour réduire les coûts et préserver le pouvoir d’achat. »
La CASA entend enfin renforcer son accompagnement des entreprises, des start-up développant des solutions de décarbonation et des copropriétés. Une manière de faire évoluer la transition énergétique d’une succession de projets techniques vers une politique territoriale couvrant à la fois les bâtiments, la production d’énergie, les mobilités et l’activité économique.
Valérie Noriega