30 septembre 2026
Le MEDEF Sud vient de publier une note consacrée au logement des actifs dans la région. L’organisation patronale estime que les tensions sur le marché immobilier pèsent désormais directement sur les recrutements, la mobilité professionnelle et l’attractivité des territoires. Elle appelle à une politique du logement plus stable et davantage adaptée aux réalités locales.
Dans une note publiée par son think tank Nouveau Cap, le MEDEF Sud analyse les difficultés rencontrées par les actifs pour se loger en Provence-Alpes-Côte d’Azur et leurs répercussions sur les entreprises et les territoires.
Présentée le 24 septembre à Sciences Po Aix-en-Provence, cette sixième publication de Nouveau Cap part d’un constat : l’accès au logement ne relève plus seulement d’une problématique sociale, mais constitue également, selon le MEDEF Sud, une condition de l’emploi et de l’attractivité économique régionale. « Il nous a semblé plus qu’urgent de nous emparer de cette problématique car le logement n’est plus uniquement une problématique sociale. Il est devenu une condition à l’emploi, à l’attractivité des territoires et au développement économique régional », a déclaré Stéphane Benhamou, président du MEDEF Sud, lors de la présentation de la note.
Avec plus de 5,2 millions d’habitants, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est confrontée à des tensions sur plusieurs segments du marché immobilier. Le parc social concentre une partie importante des difficultés : selon les données reprises par le MEDEF Sud, plus de 230 000 demandes de logements sociaux sont actuellement en attente dans la région, soit environ neuf demandes pour une attribution. Le délai moyen d’attente serait de l’ordre de deux ans.
Autre indicateur avancé par l’organisation patronale : le taux de rotation du parc social atteint environ 4 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 7,3 % au niveau national. Une rotation plus faible réduit mécaniquement le nombre de logements remis à disposition des demandeurs.
Dans le parc privé, les tensions se combinent avec la difficulté croissante des classes moyennes à accéder à la propriété. Le logement intermédiaire demeure, lui, peu développé, tandis que le marché locatif privé est soumis à des contraintes croissantes.
Pour le MEDEF Sud, le problème tient également à un décalage entre la structure de l’offre et l’évolution des besoins. Vieillissement de la population, progression des séparations, développement des parcours étudiants et de l’alternance, hausse des besoins des jeunes actifs ou des travailleurs saisonniers : les situations résidentielles se diversifient alors que le parc immobilier évolue plus lentement.
La situation présente, en outre, des caractéristiques propres à la région. Le poids du tourisme, des résidences secondaires et des meublés touristiques contribue à la pression exercée sur certains marchés locaux, tandis que les difficultés de logement peuvent éloigner davantage les salariés de leur lieu de travail.
Pour les entreprises, l’accès au logement peut devenir un paramètre supplémentaire dans les politiques de recrutement et de fidélisation. Un salarié qui ne trouve pas de logement à proximité de son emploi peut renoncer à une opportunité professionnelle ou devoir accepter un temps de trajet plus important. À l’échelle des territoires, cette situation peut contribuer à accroître les déplacements domicile-travail et la pression sur les infrastructures de transport.
Le coût du logement constitue également un enjeu de pouvoir d’achat. Le MEDEF Sud estime que les dépenses liées au logement représentent en moyenne 40 % du budget des ménages et peuvent atteindre jusqu’à 60 % pour les ménages les plus précaires.
Les employeurs ne restent pas à l’écart de la problématique. Le MEDEF Sud recense plusieurs initiatives mises en œuvre par les entreprises : accompagnement social des salariés, solutions de logement temporaire ou d’urgence et partenariats avec les acteurs spécialisés. Les entreprises de plus de 50 salariés contribuent par ailleurs au financement de la politique du logement via la Participation des Employeurs à l’Effort de Construction (PEEC). Collectée par Action Logement, cette contribution finance notamment des opérations de construction et différents dispositifs destinés à faciliter l’accès au logement des salariés.
Mais le MEDEF Sud considère que ces mécanismes ne peuvent constituer, à eux seuls, une réponse de long terme à la crise de l’offre.
Après avoir échangé avec une trentaine d’acteurs – entreprises, fédérations professionnelles, collectivités, parlementaires, acteurs du logement et associations –, l’organisation patronale formule plusieurs propositions.
La première consiste à accroître la production de logements, notamment en simplifiant les procédures, en facilitant la mobilisation du foncier et en limitant l’inflation normative.
La deuxième vise à adapter davantage les politiques du logement aux réalités locales. Le MEDEF Sud plaide pour une décentralisation accrue et pour une association plus étroite des acteurs économiques aux politiques d’aménagement, afin de mieux prendre en compte les caractéristiques démographiques et économiques de chaque bassin de vie.
Enfin, l’organisation souhaite favoriser l’investissement locatif privé, la rénovation et la remise sur le marché de logements existants, tout en développant le logement intermédiaire. Elle propose notamment de stabiliser les dispositifs d’aide et de rendre le cadre fiscal et réglementaire plus lisible pour les propriétaires et les investisseurs.
Le MEDEF Sud défend également un recentrage du logement social vers les ménages les plus fragiles, parallèlement à une augmentation de l’offre intermédiaire, afin de fluidifier les parcours résidentiels.
À l’approche de l’élection présidentielle, l’organisation patronale appelle à une approche articulant construction neuve, rénovation, investissement privé, logement social et intermédiaire et aménagement du territoire.
Valérie Noriega