1er octobre 2026
Pour développer le logement social, la ville de Cannes s’appuie aussi sur le tissu urbain existant
La ville de Cannes poursuit sa politique de développement du logement social avec quatre nouvelles opérations représentant 35 logements supplémentaires dans les quartiers de Montfleury, Prado-République, Cannes-La Bocca et du Suquet. Ces projets, portés avec les bailleurs sociaux Erilia et Cannes Lérins Aménagement et Habitat, combineront construction, acquisition-réhabilitation et remise sur le marché de logements vacants.
La municipalité oeuvre à développer le logement social dans le tissu urbain existant. Elle s’appuie notamment sur la réhabilitation du parc ancien et sur différents dispositifs de portage foncier. Selon les chiffres communiqués par la ville, Cannes comptait, au 1er janvier 2025, 7 882 logements sociaux, représentant 18,39 % des résidences principales. Sur la période 2023-2025, 631 logements locatifs sociaux auraient été réalisés, soit 112 % de l’objectif fixé par le Programme local de l’habitat intercommunal.
Au 44 boulevard Montfleury, Erilia prévoit d’aménager dix studios à loyer modéré dans une résidence privée de 129 logements. Destinés notamment aux jeunes actifs et aux travailleurs saisonniers, ils doivent être livrés au premier trimestre 2028. L’opération repose sur le mécanisme de l’usufruit locatif social (ULS). Pendant seize ans, Erilia disposera de l’usufruit des appartements et les proposera à la location dans le parc social, tandis que la nue-propriété restera détenue par un propriétaire privé. Le dispositif permet ainsi d’intégrer une offre locative sociale dans une résidence privée. Le montant prévisionnel de l’opération est de 156 022 euros. La ville indique garantir l’emprunt contracté par Erilia auprès de la Caisse des dépôts.
Au 26 rue Jean-Haddad-Simon, Erilia doit acquérir puis réhabiliter un immeuble pour y créer neuf studios destinés aux ménages disposant des revenus les plus modestes. Le projet s’inscrit dans la politique de reconquête du quartier République, où la municipalité cherche à remettre sur le marché des logements vacants et à lutter contre l’habitat dégradé. L’opération prévoit l’intervention de l’Établissement public foncier (EPF) Paca, qui doit exercer son droit de préemption sur l’immeuble avant de le céder à Erilia à un coût foncier réduit. Le coût prévisionnel du projet atteint 1,31 million d’euros, dont 265 000 euros de subvention municipale.
La ville indique avoir fixé un objectif de 300 logements à acquérir et réhabiliter dans le quartier République entre 2026 et 2029. Pour y parvenir, elle travaille avec Erilia et sept autres bailleurs sociaux, ainsi qu’avec l’EPF Paca.
À La Bocca, au sein de la copropriété Cannes Beach, Cannes Lérins Aménagement et Habitat doit acquérir et réhabiliter 14 appartements situés au 11 avenue Pierre-Sémard. La société d’économie mixte détiendra à terme 124 logements dans cette copropriété de 710 lots, dont 99 logements conventionnés et 25 non conventionnés. L’opération s’inscrit dans le dispositif engagé par la municipalité pour accompagner le redressement de Cannes Beach, copropriété privée confrontée à des difficultés. La Ville indique avoir obtenu la nomination d’un administrateur judiciaire en 2019 et s’appuyer depuis 2021 sur la SEM pour améliorer progressivement l’état du bâti et des logements. Une subvention municipale de 140 000 euros est prévue pour financer l’acquisition et la réhabilitation des 14 appartements.
Dernière opération : la remise en état de deux appartements situés au 13 rue de la Miséricorde, dans le quartier du Suquet. Ces logements, un deux-pièces de 27 m² et un trois-pièces de 52 m², étaient abandonnés depuis plus de trois décennies.
La municipalité indique avoir intégré ces « biens sans maître » à son patrimoine après avoir régularisé les charges de copropriété impayées. Elle prévoit désormais de les céder pour un euro symbolique à Cannes Lérins Aménagement et Habitat, qui sera chargé de leur réhabilitation et de leur remise en location dans le parc social. Les deux biens ont été évalués à 387 000 euros. La Ville précise que la différence entre cette valeur et le prix de cession pourra être prise en compte dans le cadre du prélèvement prévu par l’article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU).
« La volonté municipale est de permettre à chacun, notamment aux actifs et aux familles aux revenus modestes, de se loger dignement à Cannes. Pour cela, nous faisons le choix de produire des logements dans le diffus, dans tous les quartiers de la ville, plutôt que de concentrer l’habitat social dans de grandes barres d’immeubles. Nous privilégions notamment la réhabilitation des logements vacants ou dégradés et diversifions les outils pour produire toujours plus, tout en maîtrisant les dépenses. Cette méthode de travail favorise la mixité sociale, relance la vie dans les quartiers, préserve la qualité de notre cadre de vie et nous permet d’agir efficacement dans une ville où le foncier est rare. » souligne David Lisnard, maire de Cannes.
Valérie Noriega