1er octobre 2026
Point du préfet sur l’action de l’État dans la reconstruction des Vallées touchées par les tempêtes Alex et Aline
À quelques jours de la date anniversaire des six ans de la tempête Alex, et trois ans après Aline, le préfet des Alpes-Maritimes présente un point sur l’engagement de l’État dans la reconstruction des Vallées touchées par les tempêtes Alex et Aline.
Six ans après les 2 et 3 octobre 2020, le chantier de reconstruction des vallées sinistrées par la tempête Alex n’est pas encore totalement achevé. Le constat ressort du point d’étape publié jeudi 1er octobre par la préfecture des Alpes-Maritimes, à la veille de l’anniversaire de la catastrophe. La tempête Aline, survenue les 19 et 20 octobre 2023, a par ailleurs provoqué de nouveaux dégâts, notamment sur certains ouvrages provisoires.
L’État chiffre à 615 millions d’euros les crédits mobilisés depuis 2020 pour accompagner les territoires touchés. Plus de la moitié, soit 305 millions d’euros, ont été consacrés à la reconstruction des infrastructures : routes, ouvrages d’art, travaux hydrauliques, protections de berges et réseaux d’eau et d’assainissement. Cette enveloppe comprend notamment 105 millions d’euros de crédits exceptionnels, 59,3 millions issus du Fonds de solidarité de l’Union européenne et 143 millions d’euros de dotation de solidarité.
Si une large majorité des opérations recensées sont désormais achevées, plusieurs chantiers structurants restent en cours et onze opérations n’ont toujours pas démarré. En parallèle, les collectivités cherchent à transformer la reconstruction en levier de développement.
Le tableau de suivi des opérations de reconstruction post-Alex et Aline permet de mesurer plus précisément l’état d’avancement. Sur 126 opérations recensées, 92 sont considérées comme terminées, 23 sont en cours et 11 n’ont pas encore démarré. La situation reste particulièrement évolutive dans la Vésubie, où se concentrent plusieurs des opérations structurantes encore à réaliser. À Saint-Martin-Vésubie, les travaux du pont Maïssa et du pont de Venanson sont en cours, tout comme ceux du premier lacet de la route de la Madone. La construction de la route et du pont de la route du Vernet est également engagée. Le calendrier s’étend parfois bien au-delà de 2026. Pour certains tronçons de la route de la Madone, les études préliminaires et d’avant-projet ont été réalisées et des travaux sont annoncés en 2027 et 2028. La reconstruction définitive du pont de Salèze est, elle aussi, programmée à l’horizon 2028, tandis que la reconstruction de l’ouvrage dit des « 3 ponts » doit faire l’objet d’études de conception en 2027 pour des travaux en 2028.
La reconstruction ne se limite pas aux infrastructures routières. Les réseaux d’eau et d’assainissement demeurent eux aussi mobilisés par des opérations de remise en état. Plusieurs chantiers sont menés en coordination avec les travaux de voirie, notamment autour des ponts Maïssa et de Venanson et sur la route de la Colmiane.
L’État met en avant une reconstruction conçue pour mieux résister aux crues futures. Les nouveaux ouvrages doivent tenir compte de l’élargissement des lits des cours d’eau, du fort charriage sédimentaire et des phénomènes d’érosion.
La reconstruction des ponts d’Ambo et de Caïros dans la Roya, ainsi que des ponts de Venanson et Maïssa dans la Vésubie, est ainsi présentée comme intégrant des principes de résilience face à des crues de forte ampleur. La doctrine consiste notamment à privilégier des ouvrages de franchissement sans appui dans le lit des cours d’eau, des protections de berges à fondations profondes et des dispositifs permettant de gérer les matériaux charriés. À Fontan, l’État expérimente par ailleurs pour la première fois la procédure « Mieux reconstruire après inondation » (MIRAPI). Le projet concerne environ 150 mètres de front bâti et 40 habitations, pour un coût annoncé de 13 millions d’euros hors taxes. Les travaux sur le front bâti ont débuté au printemps 2025 et doivent s’achever d’ici à la fin de 2026, avant la réalisation de la protection des berges.
Sur le volet immobilier, la préfecture indique due près de 500 biens ont été pris en compte au titre du Fonds de prévention des risques naturels majeurs, le Fonds Barnier. Dans le détail, 480 biens sinistrés ou fortement endommagés sont concernés, dont 250 bâtiments devant faire l’objet d’une acquisition amiable, représentant 330 lots.
Plus de 90 % des acquisitions amiables auraient désormais été réalisées, ainsi que 90 % des 140 démolitions prévues. Le mécanisme doit permettre l’indemnisation des propriétaires et leur relogement dans des secteurs moins exposés aux risques.
Le bilan économique fait également état de plus de 550 entreprises aidées, dont une cinquantaine d’exploitations agricoles, pour plus de 10 millions d’euros mobilisés par l’État et les collectivités. Quelque 1 200 entreprises ont bénéficié d’un report de paiement de leurs cotisations. La préfecture indique par ailleurs que 446 entreprises se sont réinstallées depuis Alex.
L’État cherche désormais à inscrire ces investissements dans une stratégie plus large de développement des vallées. Le dispositif « Avenir des vallées », lancé à la suite d’une concertation citoyenne organisée en 2022, a permis de sélectionner 38 projets, représentant plus de 25 millions d’euros de subventions de l’État, en complément des financements des collectivités.
Agriculture, pastoralisme, sylviculture, tourisme, logement, mobilité, santé ou revitalisation des centres-bourgs : les projets soutenus couvrent un éventail volontairement large. L’État indique que son taux de subvention peut atteindre 50 % afin de produire un effet de levier sur les investissements locaux.
Roya
EDF — Tende : curage du barrage de Castérino — opération à programmer.
Tinée
Régie Eau d’Azur — Valdeblore : protection du réseau d’eaux usées découvert dans le vallon du Bramafan — démarrage annoncé en septembre 2026.
EDF — Bonson : remise en état de la zone de réception de la cascade de Plan-du-Var — à programmer.
Vésubie
Métropole Nice Côte d’Azur — La Bollène : travaux entre la gare et le carrefour de La Bollène-Vésubie.
Métropole Nice Côte d’Azur — Lantosque : confortement de la RM2565, secteur du Mirail.
SMIAGE — Roquebillière : protection des berges de la Vésubie en aval de Cachat.
Métropole Nice Côte d’Azur — Saint-Martin-Vésubie : désenclavement du quartier Deloutre.
Métropole Nice Côte d’Azur — Saint-Martin-Vésubie : route de la Colmiane et avenue Charles-Boissier.
Métropole Nice Côte d’Azur — Saint-Martin-Vésubie : route de la Madone, entre les PR 3 et 12.
Métropole Nice Côte d’Azur — Saint-Martin-Vésubie : reconstruction de l’ouvrage dit des « 3 ponts ».
Métropole Nice Côte d’Azur — Saint-Martin-Vésubie : reconstruction définitive du pont de Salèze.
Parmi les principaux chantiers figurent :
Fontan : protection des berges dans la traversée du village.
Tinée : confortement d’ouvrages, notamment des piles de ponts et des berges.
Roquebillière : travaux sur la RM2565 à La Malune et protection des berges de la Vésubie en amont du pont RM69.
Saint-Martin-Vésubie : construction de la route et du pont de la route du Vernet ; reconstruction des ponts Maïssa et de Venanson ; travaux sur le premier lacet de la route de la Madone ; interventions sur la RM89 et sur la partie haute de la route du Boréon. - Réseaux d’eau et d’assainissement à Saint-Martin-Vésubie : plusieurs opérations restent en cours, notamment aux ponts Maïssa et de Venanson, sur la route de la Colmiane et rue Raiberti.
Protection des cours d’eau et du Haut-Boréon : plusieurs chantiers du SMIAGE restent engagés, dont la protection des berges du Boréon, du vallon du Vernet, les travaux GEMAPI du Haut-Boréon et le rétablissement de l’accès au hameau du Villars.
Utelle : démolition de la route provisoire construite dans le lit de la rivière sur la RM2565.
Venanson : interventions sur le vallon du Libaret et le secteur de Champouns.
lusieurs opérations sont programmées sur 2027 ou 2028. Pour certaines, les travaux conservatoires ont déjà été réalisés et les études de confortement définitif se poursuivent ; pour d’autres, les études administratives, foncières ou environnementales conditionnent encore le lancement des travaux.
Valérie Noriega