Francine Brochot, figure du journalisme varois, nous a quittés


Politique


5 octobre 2026

Journaliste pour Var-Matin et ancienne directrice de cabinet du maire du Lavandou de 2008 à 2016, Francine Brochot s’est éteinte à 82 ans.

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre consœur et collaboratrice Francine Brochot, survenu le 29 septembre. Correspondante de longue date pour la Gazette du Var et pour Presse Agence, elle a marqué de son empreinte le paysage médiatique et politique du Var, après une carrière nationale déjà riche.

Née à Paris en 1944, Francine Brochot a fait partie des premières élèves de l’École Française des Attachés de Presse (EFAP), où elle eut pour parrain de promotion Jean Marin, fondateur et président de l’Agence France-Presse (AFP). Cette formation prestigieuse lui a ouvert les portes de figures emblématiques de l’époque, comme Marcel Bleustein-Blanchet, PDG de Publicis. Son premier employeur fut l’ambassadeur de France André-François Poncet, alors président de la Croix-Rouge Française. Elle y devint rapidement directrice de la communication, menant des missions internationales, notamment au siège de l’organisation à Genève. Son carnet d’adresses, forgé en duo inséparable avec son époux Gérard, comprenait des personnalités du monde politique, médiatique et artistique.

L’ancrage varois et l’engagement citoyen

En 1982, le couple s’installe dans le Var, à Bormes-les-Mimosas. Francine Brochot devient alors une figure incontournable de la presse locale. De 1987 à 2008, puis de nouveau à partir de 2015, elle a été la correspondante de Var-Matin pour les communes de Bormes-les-Mimosas, Le Lavandou et Le Rayol-Canadel-sur-Mer. Femme de convictions, elle fut profondément marquée par l’assassinat de son amie Yann Piat, députée du Var, en 1994. Pour honorer sa mémoire, elle fonda une association portant son nom, afin que nul n’oublie qu’un attentat a pu être commis contre une élue de la République. Avec son mari, elle s’est également investie bénévolement au sein du Comité de Jumelage Le Lavandou-Kronberg.

Pendant huit ans, de 2008 à 2016, Francine Brochot a mis sa carrière de journaliste entre parenthèses pour devenir la directrice de cabinet et de la communication de Gil Bernardi, alors maire du Lavandou. Une collaboration fusionnelle et d’une loyauté sans faille, comme l’avait souligné l’édile lors de son départ en 2016, comparant leur relation professionnelle à l’article 212 du Code civil.

«  Les époux se doivent mutuellement respect, secours, fidélité et assistance », avait-il déclaré, saluant une collaboratrice «  irremplaçable ».

Il avait alors rendu hommage à «  cette plume qui n’est que la projection de l’esprit  », louant son professionnalisme, son sens du dévouement et sa connaissance intime des dossiers.

Une femme de passion et de communication

Francine Brochot n’a jamais envisagé de se retirer complètement de la vie active. Lors de son pot de départ de la mairie, elle avait partagé sa philosophie de vie avec ses collègues.

«  Le mot retraite ne s’inscrit pas dans mon vocabulaire et, puis, une page qui se tourne ne veut pas dire que le livre se ferme  », avait-elle confié.
Son amour indéfectible pour son mari Gérard, artiste qui a notamment réalisé la fresque du Cosec pour le 15ème anniversaire du jumelage franco-allemand, a été le pilier de son existence. Ce couple fusionnel et complémentaire laisse derrière lui le souvenir d’un engagement constant, entouré de l’amour de ses enfants, Séverine et Étienne, et de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Gilles CARVOYEUR


Les obsèques de Francine auront lieu le 13 octobre en l’église Saint-Louis du Lavandou, suivies d’une crémation à Cuers. Elle rejoindra ensuite son époux Gérard dans le columbarium du cimetière de Bormes-les-Mimosas.


Gilles Carvoyeur