2 octobre 2026
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Provence-Alpes-Côte d’Azur et plusieurs organisations environnementales appellent à un rassemblement à Marseille, vendredi 9 octobre, pour dénoncer le projet européen de simplification de la réglementation sur les pesticides.
Baptisée « Pesticides à vie : non merci ! », la mobilisation vise à interpeller les eurodéputés sur le projet de règlement européen dit « Omnibus X ». La LPO, Terre de Liens, Greenpeace France et France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur figurent parmi les organisations engagées dans cette campagne, qui rassemble une centaine d’associations.
Le rassemblement marseillais s’inscrit dans une mobilisation plus large prévue les 10 et 11 octobre dans plusieurs villes françaises et européennes. Les organisations participantes demandent notamment aux députés européens de rejeter les dispositions qu’elles considèrent comme un recul de l’encadrement des pesticides.
Présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025, le projet de règlement COM(2025) 1030 fait partie d’un ensemble de mesures consacrées à la simplification des règles relatives à la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. Le texte concerne notamment les produits phytopharmaceutiques, les produits biocides et les règles relatives aux résidus de pesticides. La Commission présente cette réforme comme une mesure destinée à réduire les charges administratives et à simplifier les procédures, tout en maintenant les niveaux européens de protection de la santé et de l’environnement. Le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position de négociation sur cette partie du paquet le 30 septembre 2026.
Le projet prévoit notamment de modifier les règles d’approbation des substances actives utilisées dans les pesticides. La Commission propose que leur approbation puisse, dans la plupart des cas, devenir illimitée, plutôt que de faire systématiquement l’objet d’un renouvellement périodique. Des réévaluations complètes ou ciblées resteraient toutefois possibles pour certaines substances, notamment lorsqu’apparaissent de nouvelles informations ou des éléments justifiant un réexamen. Les autorisations des produits phytopharmaceutiques eux-mêmes resteraient limitées dans le temps.
Le texte prévoit par ailleurs de faire évoluer les règles concernant l’épandage aérien de produits phytopharmaceutiques. La réglementation européenne interdit actuellement en principe la pulvérisation aérienne, avec des possibilités de dérogation accordées par les autorités nationales.
La proposition de la Commission prévoit la possibilité d’identifier, par acte délégué, certaines catégories de drones présentant un niveau de risque comparable ou inférieur à celui d’équipements terrestres pour une même utilisation. Les États membres pourraient alors les exempter de l’interdiction générale de l’épandage aérien.
Le projet prévoit également des évolutions concernant les dérogations dites d’« usage essentiel », les procédures de reconnaissance des autorisations et les délais applicables après le retrait ou la modification d’une autorisation.
Pour les organisations mobilisées, ces modifications pourraient conduire à un affaiblissement des garanties entourant l’utilisation des pesticides. Elles contestent notamment le principe d’approbations pouvant devenir illimitées et craignent que la diminution des renouvellements systématiques rende plus difficile la prise en compte régulière de nouvelles connaissances scientifiques.
La LPO estime ainsi que le projet constitue un recul en matière de protection de la biodiversité et de santé humaine. Les organisations signataires demandent aux eurodéputés de s’opposer au texte et défendent, plus largement, une réduction de l’usage des pesticides en Europe.
Valérie Noriega