Sécheresse : 110 communes des Alpes-Maritimes désormais soumises à des restrictions d’eau


Politique


2 octobre 2026

Face à une ressource en eau toujours plus fragile, le préfet a décidé de renforcer les mesures de restriction

Face à une ressource en eau toujours plus fragile, le préfet a décidé de renforcer les mesures de restriction. Depuis ce vendredi 2 octobre, 110 communes du département sont concernées, à des niveaux différents, par des restrictions des usages de l’eau.

La décision fait suite à une réunion du comité ressource en eau, organisée le 29 septembre. Cette instance réunit notamment les services de l’État, les gestionnaires de l’eau, des représentants des secteurs concernés et des collectivités locales. Elle a constaté la poursuite de la dégradation de la situation et préconisé de nouvelles mesures afin de préserver la ressource et de permettre un partage de l’eau entre les différents usages.

Un déficit de pluie de 89 % en septembre

Le département connaît une année hydrologique 2025-2026 déficitaire en précipitations. Selon la préfecture, le déficit atteint 10,5 % par rapport aux normales, avec des situations particulièrement marquées dans l’Est-Mercantour, le pays de Grasse et sur le littoral niçois jusqu’à Menton.
La situation s’est encore tendue au cours du mois de septembre. Au 23 septembre, le déficit de précipitations atteignait 89 % pour le mois, avec seulement 11,2 mm de pluie cumulée à l’échelle des Alpes-Maritimes.
À cette sécheresse s’ajoutent des températures particulièrement élevées. Le mois de septembre affiche à ce stade une anomalie de +3,4 °C par rapport aux normales saisonnières, favorisant l’évapotranspiration et accentuant la pression sur les ressources en eau.
Les nappes phréatiques sont elles aussi concernées : 77 % des piézomètres surveillés présentent un niveau inférieur à la moyenne, tandis que la moitié affichent un niveau considéré comme « très bas ».

Plusieurs niveaux de restriction

Parmi les 110 communes concernées, certaines sont placées en alerte, d’autres en alerte renforcée ou en crise, selon les secteurs et les niveaux de la ressource.
Le bassin versant du Var aval, notamment, est concerné par le niveau d’alerte. Nice, Saint-Laurent-du-Var, La Trinité, Èze, Villefranche-sur-Mer, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat ou encore Menton figurent parmi les communes concernées par les mesures.
D’autres secteurs connaissent des restrictions plus importantes. Le bassin versant du Loup, qui concerne notamment Grasse, Valbonne, Cannes, Le Cannet, Mougins et Villeneuve-Loubet, est placé en alerte renforcée. La même situation concerne une partie du secteur de la Siagne. Dans le bassin de l’Esteron, plusieurs communes sont placées au niveau de crise. Les communes de Carros et Gattières sont également concernées par ce niveau en raison de leur double zonage avec ce bassin versant.

Des restrictions pour les particuliers mais aussi les professionnels

Les mesures concernent les différents usages de l’eau. Des restrictions spécifiques s’appliquent également aux activités agricoles, industrielles et artisanales, avec pour objectif de réduire les consommations. La préfecture appelle par ailleurs l’ensemble des habitants à adopter des comportements permettant de limiter leur consommation, y compris dans les secteurs placés en vigilance. Dans certaines zones de montagne, des cours d’eau présentent déjà des assecs importants, notamment sous l’effet de prélèvements ou de forages privés.

Un cas particulier concerne Cagnes-sur-Mer : la commune se trouve majoritairement dans le bassin de la Cagne, mais son eau potable provient du bassin du Loup. Les usages raccordés au réseau d’eau potable sont donc soumis aux mesures correspondant au niveau d’alerte renforcée du bassin du Loup.

153 contrôles réalisés

Les services de l’État ont également renforcé les contrôles. Depuis le début des mesures, 153 contrôles ont été réalisés par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et l’Office français de la biodiversité (OFB), notamment dans les copropriétés et les hôtels. Selon la préfecture, 63 % de ces contrôles ont mis en évidence un non-respect de la réglementation, donnant lieu à des poursuites judiciaires.

Consultez le site gouvernemental Vigieau pour connaître les restrictions applicables à votre commune et les gestes permettant de réduire votre consommation d’eau.


Valérie Noriega