Agression dans une école maternelle à Nice : Éric Ciotti annonce un renforcement de la sécurité


Politique


4 novembre 2026

Le maire a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer la sécurité des établissements scolaires niçois

Au lendemain de l’agression de la directrice et d’une enseignante de l’école Clément-Roassal, le maire de Nice a annoncé le déploiement de onze agents supplémentaires, un nouveau système d’alerte et un audit de sécurité dans les établissements scolaires de la ville.

L’émotion reste vive à l’école maternelle Clément-Roassal, à Nice. Lundi 2 novembre, une femme de 36 ans, dont les enfants sont scolarisés dans l’établissement, a menacé la directrice avec une arme de poing avant de la frapper à plusieurs reprises. Une enseignante a également été victime de violences. Une enquête a été ouverte, notamment pour tentative de meurtre. Au lendemain des faits, Éric Ciotti s’est rendu une nouvelle fois dans l’établissement pour rencontrer les équipes éducatives et échanger avec les parents d’élèves. Le maire de Nice a assuré de son soutien les deux professionnelles victimes de l’agression. Il a également salué le courage des enseignantes qui ont repris leur poste dès le lendemain pour accueillir les enfants et assurer la continuité des cours.

Onze agents supplémentaires mobilisés autour des écoles

Suite à cette agression, le maire a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer la sécurité des établissements scolaires niçois. Onze agents de surveillance de la voie publique (ASVP) et policiers municipaux supplémentaires seront mobilisés pour assurer une présence accrue aux abords des écoles, notamment aux heures d’entrée et de sortie des élèves. Autre mesure annoncée : le remplacement, d’ici au 15 novembre, du système d’alerte actuellement utilisé dans les établissements. Celui-ci fonctionne sur le réseau 2G, appelé à disparaître. Il sera remplacé par un dispositif accessible directement depuis un smartphone et utilisant le réseau 4G. Trois personnes par établissement seront équipées : le directeur, le gardien et l’économe. L’objectif est de permettre un déclenchement plus rapide de l’alerte en cas de menace et de faciliter l’intervention des forces de sécurité. Enfin, un audit de sécurité sera lancé dans l’ensemble des établissements scolaires de la ville afin d’évaluer les équipements existants et d’identifier les éventuelles mesures complémentaires à mettre en place.

Le profil de la suspecte au cœur des interrogations

Dans le communiqué Éric Ciotti met en cause la responsabilité de l’État dans cette affaire. Selon les éléments communiqués par la municipalité, la femme mise en cause aurait déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour des violences avec arme. Elle aurait également fait l’objet d’un fichage S et d’un suivi pour radicalisation islamiste jusqu’en 2024. La suspecte était par ailleurs visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le ministre de l’Intérieur aurait confirmé au député Bernard Chaix que cette femme se trouvait en situation irrégulière sur le territoire national. Ces éléments ont conduit le maire de Nice à dénoncer les défaillances de la politique gouvernementale en matière de sécurité et d’immigration. « Cette affaire illustre une nouvelle fois la faillite du Gouvernement macroniste. Comment une personne connue pour radicalisation islamiste, déjà condamnée pour violences et sous le coup d’une OQTF, a-t-elle pu se retrouver dans une école maternelle et menacer de mort des enseignantes ? », a déclaré Éric Ciotti.
L’édile réclame notamment l’expulsion systématique des personnes étrangères fichées pour radicalisation et considérées comme une menace pour la sécurité, ainsi que l’exécution effective des obligations de quitter le territoire français. « L’incapacité du Gouvernement à faire respecter ses propres décisions met directement en danger nos concitoyens. Cette situation est intolérable », a-t-il poursuivi.

L’agression à l’école Clément Roassal est d’une extrême gravité.

Une enquête est ouverte pour tentative d’homicide.

Manifestement, la présence de cette femme sur le territoire national pose question. Nous attendons des réponses sur sa situation administrative. https://t.co/JdmEDoLJpT

— Eric Ciotti (@eciotti) November 3, 2026

Ce que l’on sait de l’agression, les précisions du parquet

Dans un communiqué publié le 3 novembre 2026, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a apporté des précisions sur le déroulement des faits et le profil de la suspecte.
Une agression qui a duré près d’une heure. Le 2 novembre, vers 9 heures, la femme de 36 ans s’est présentée à l’école maternelle Clément-Roassal pour demander un entretien en urgence avec la directrice. Elle l’aurait rapidement menacée avec une arme de poing, avant de la gifler et de lui tirer les cheveux à plusieurs reprises. Selon les témoignages recueillis, elle aurait également actionné la détente de son arme en la pointant vers la directrice, sans qu’aucun coup ne parte. Elle aurait ensuite sorti un couteau et l’aurait posé sur la joue de la victime.
En quittant le bureau, environ une heure après son arrivée, elle aurait également giflé une enseignante et pointé son arme dans sa direction, après avoir actionné la détente.
Deux victimes prises en charge. Après examen médical, une incapacité totale de travail (ITT) d’un jour a été fixée pour la directrice et de deux jours pour l’enseignante.
Une arme toujours introuvable. Interpellée rapidement à son domicile, la suspecte aurait reconnu, lors d’une seconde audition, s’être rendue à l’école avec un couteau et une arme de poing achetée deux jours auparavant. Elle affirme avoir voulu « faire peur  » et soutient que l’arme était vide. Le pistolet, qui apparaît sur un enregistrement partiel retrouvé dans son téléphone, n’a toutefois pas été retrouvé par les enquêteurs. Un couteau de type Laguiole et le vêtement porté lors des faits ont notamment été découverts au cours des perquisitions. La suspecte aurait également tenté de s’échapper d’un véhicule de police lors de son transport.
Une situation administrative complexe. Née en 1990 en Tunisie, la mise en cause est en situation irrégulière en France. Elle fait l’objet depuis fin 2023 d’une interdiction administrative du territoire et d’une assignation à résidence ministérielle, renouvelée à cinq reprises, assortie d’une obligation quotidienne de pointage. Selon le parquet, cette obligation était respectée. Son passeport lui avait été retiré. Elle avait également été éloignée vers la Tunisie en juin 2019, à la suite d’une OQTF, et avait fait l’objet d’un suivi au titre de la radicalisation. Le parquet précise par ailleurs qu’elle aurait obtenu le statut de réfugié en Italie en 2022.
Deux condamnations inscrites au casier judiciaire. La première, prononcée en avril 2019 à Paris, porte notamment sur des faits de port d’arme et de violences avec arme. La seconde, prononcée en septembre 2023 à Nice, concerne l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en France. Les deux peines étaient de dix mois d’emprisonnement avec sursis.
Une information judiciaire ouverte. La suspecte doit être présentée à la justice dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire pour tentatives d’homicide sur une personne chargée d’une mission de service public, séquestration avec libération volontaire avant le septième jour, infractions à la législation sur les armes, détention de faux documents administratifs et tentative d’évasion. Le parquet a annoncé qu’il requérait son placement en détention provisoire.
Enfin, le procureur précise qu’aucune plainte ni aucun signalement antérieur concernant les accusations d’agressions sexuelles évoquées par la suspecte au sujet de l’un de ses enfants n’avaient été enregistrés. Les deux enseignantes doivent bénéficier d’un accompagnement spécifique par une association d’aide aux victimes, en complément de celui déjà engagé par l’Éducation nationale.


Valérie Noriega