Etude 2019 SKEMA : 15% des grands groupes du Cac40 préfèrent s’expatrier pour éviter les quotas de femmes dans les CA


Economie


5 mars 2019

L’ascenseur législatif : L’étude souligne les effets positifs de la loi Copé-Zimmermann sur la féminisation des conseils d’administration. Au 1er janvier 2018, la quasi-totalité des entreprises du CAC40 domiciliées en France avaient en effet atteint le quota de 40% de femmes dans leur conseil d’administration.

Les évadés sociaux  : sont les groupes (15%) qui s’expatrient pour éviter le quota de 40% de femmes dans le conseil d’administration imposé par la loi Copé-Zimmermann : les 6 entreprises qui sont les plus éloignées du quota de 40% sont toutes juridiquement domiciliées dans des pays étrangers non-soumis à des quotas ou à des quotas plus faibles :
LafargeHolcim : 8,33% de femmes administrateurs (Suisse), Airbus : 16,67% (Pays-Bas), TechnipFMC : 21,43% (Royaume-Uni), Gemalto : 27,27% (Pays-Bas), ArcelorMittal : 33,33% (Luxembourg) et STMicroelectronics : 33,33% (Suisse).

L’irréductible plafond de verre pour accéder aux comités exécutifs : Les femmes ne représentent que 13.69% des comités exécutifs alors qu’elles représentent 32.33% de la population cadres, vivier traditionnel de recrutement des dirigeants. La stabilité de cette faible représentation au cours des années milite pour l’instauration de quotas de femmes dans les comités exécutifs estime Michel Ferrary.

Un index d’inégalité  : met en évidence les entreprises qui discriminent le plus les femmes en matière de promotion professionnelle et pointe le plafond de verre qui sépare la population cadre (le vivier de dirigeants) et le pourcentage de femmes au comité exécutif.

Avec 3 femmes parmi les 7 membres de son comité exécutif et 49% de femmes parmi ses cadres, Danone remporte le prix orange de la promotion professionnelle. A contrario, avec une seule femme sur 10 membres dans son comité exécutif et pourtant 65% de femmes parmi ses cadres, LVMH remporte le prix citron du plafond de verre.

La bipolarisation sexuelle des grandes entreprises : il y a une rupture de plus en plus marquée entre les entreprises très féminisées (pourcentage élevé de femmes dans les effectifs et l’encadrement) et les entreprises peu féminisées (pourcentage faible de femmes dans les effectifs et dans l’encadrement).

Parmi les masculines : Pernod-Ricard, Airbus, Thales, Faurecia, Bouygues, Eiffage...
Parmi les féminines : Edenred, Accor, Sanofi, Vivendi, Carrefour...

Le Femina Index surperforme le CAC40 : un portefeuille composé d’actions d’entreprises dont l’encadrement est féminisé à plus de 40% surperforme le CAC40 sur moyen terme (2013-2019) et sur long terme (2009-2019)

La diversité contribue à la performance des entreprises pour plusieurs raisons

• Recruter des femmes et des hommes permet d’élargir la taille du marché du travail et donc d’accroître la probabilité de recruter des ressources humaines de meilleure qualité.
• La moitié des consommateurs sont des consommatrices. Employer des femmes permet de mieux comprendre les attentes des clientes (market intelligence) et d’améliorer la relation commerciale (B to B et B to C).
• La diversité des systèmes de représentation améliore les processus de décision et la créativité dans les organisations.
• La promotion de femmes managers constitue un facteur de motivation pour l’ensemble des femmes de l’entreprise.
• La diversité est une preuve d’ouverture de l’entreprise à laquelle sont sensibles les parties prenantes (clients, pouvoirs publics, actionnaires, médias,…).

Retrouvez l’intégralité de l’étude 2019 de l’Observatoire SKEMA
de la féminisation des entreprises en cliquant ici !

Observatoire Skema de la féminisation des entreprises

• L’observatoire a été créé en 2007 par le Professeur Michel Ferrary. Les objectifs de l’observatoire sont :
– Réaliser l’état des lieux de la féminisation des grandes entreprises
– Facteurs explicatifs de la féminisation des grandes entreprises
– Analyser la relation entre féminisation et performances des entreprises
– Apporter des éléments d’analyse pour l’ investissement socialement responsable


Proposé par Valérie Noriega