Assemblée : « Il faut réindustrialiser le pays ! »


Economie


24 mars 2020

Au delà de considérations thérapeutiques et sanitaires, son intervention portait en filigrane sur « la désindustrialisation  » de la France, sur notre incapacité à fabriquer ici et maintenant ces divers matériels dont nous avons un besoin urgent.
La députée a souligné qu’il n’y a pas si longtemps, avant de nombreuses délocalisations, nous aurions été en mesure de réaliser tous ces produits. « Alors que vous êtes si prompts à prendre des mesures sévères pour limiter les déplacements des gens, quand comptez vous réquisitionner des entreprises pour fabriquer ces produits ?  » a t-elle interrogé, plaidant aussi pour une réquisition des cliniques privées et s’exaspérant que la France ne soit même plus en mesure de fabriquer du paracétamol.

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la santé, Christelle Dubos lui a indiqué que l’on a inventé des masques en tissu avec des propriétés de filtration et que ceux-ci vont entrer en fabrication dans notre pays « à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires » par jour (espérons que leur livraison sera moins longue à intervenir que celle des FFP2…). « Après la crise, il faudra relocaliser, nous renégocions des relocalisations », rappelant que l’industrie française a été durement attaquée « entre 2 000 et 2 016 », perdant des milliers d’emplois (et des capacités de production). La politique n’a pas été oubliée au passage, puisque Mme Dubos a gentiment taclé la députée insoumise en affirmant que l’industrie a souvent «  été attaquée sur ces bancs de l’assemblée ». Suivez mon regard…

L’industrie française est bien entendu capable de rebondir, et rapidement.
À l’image de l’entreprise Orsteel de Contes (Alpes-Maritimes) qui a conçu en des temps record un hygiaphone à installer dans les commerces pour protéger les vendeurs, les caissières et les clients. Ou de Volumic 3D (Nice) qui travaille avec les autorités de santé et les laboratoires 
sur des solutions imprimées en 3D pour répondre en urgence aux besoins vitaux sur de l’accessoire médical et du matériel d’analyse.

Les leçons, toutes les leçons de cette crise devront être tirées et l’expérience du Covid-19 montre que l’on ne peut pas déléguer toutes les fabrications à l’étranger. Les prix de revient – et les dividendes des actionnaires – ne sont pas les seuls critères pertinents…


Jean-Michel Chevalier