Covid-19 : l’activité économique française en chute libre


Economie


26 mars 2020

Le directeur directeur général de l’Institut a d’ailleurs pris la plume en introduction précisant qu’il a « hésité avant de donner (son) feu vert » en faisant référence au contexte actuel qui ne permet pas de «  prendre la mesure de la chute d’activité puisque les réponses des entreprises ont été pour la plupart collectées avant le début du confinement. »
Toujours est-il que, d’après les premières estimations, le climat des affaires perd 10 points et chute à 95, ce qui représente la plus forte baisse depuis 1980. À titre de comparaison, la crise des subprimes avait fait perdre un point de moins par rapport à aujourd’hui aux indicateurs en 2008. L’emploi est lui aussi en chute libre, perdant 9 points depuis le début du mois de mars. Seul le climat des affaires du BTP semble être stable mais «  il est a priori difficile d’utiliser ces indicateurs pour des étalonnages visant à prévoir l’activité, compte tenu du caractère très brusque de la chute tout au long du mois de mars, chute dont les enquêtes de conjoncture n’ont sans doute capté qu’une partie  », précise l’INSEE. Pour preuve, la plupart des chantiers – pour ne pas dire tous – sont arrêtés, y compris dans les Alpes-Maritimes.

En comparaison avec les différents instituts de prévisions, les chiffres fournis par l’INSEE sont encore plus pessimistes avec ce recul de 35% annoncé pour l’activité économique par rapport à « une situation normale »

L’agro-alimentaire ne perdrait que 4% d’activité quand le secteur de la construction s’effondre. Au total, la perte d’activité « instantanée » est estimée à environ un tiers. Si la situation actuelle devait durer pendant un mois, elle pourrait coûter trois points de produit intérieur brut à la France sur l’année. L’institut montre dans le même temps d’importantes variations de situations en fonction des secteurs. Les transports, la restauration, les loisirs ou encore l’hôtellerie sont en première ligne face aux difficultés, en comparaison des secteurs des télécommunications ou des assurances, plus résistants.
Dans le même temps, la consommation des ménages due au confinement serait également en recul de 35% par rapport à une situation « normale ». Seul le secteur de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire est en hausse de 6% en grande partie en raisons du phénomène de panique ayant poussé les citoyens à se précipiter dans les magasins pour faire des réserves.
La plus forte contribution à cette baisse résulte de l’effondrement de la consommation de nombreux biens de l’industrie manufacturière (-60 %), qui compte pour 18 points de cette baisse.


Kévin Sanchez JRI Petites Affiches