Comment Orange gère l’accroissement de l’utilisation des réseaux pendant le confinement ?


Tech


10 avril 2020

Internet peut-il supporter le confinement ?

Cela fait déjà trois semaines que l’on est confiné et oui internet supporte le confinement. Tout a été fait pour que ce soit le cas. Même si, d’un autre côté, chez Orange (l’ensemble des opérateurs) nous avons l’habitude des événements exceptionnels, qu’ils soient joyeux ou plus tristes, des événements comme la Coupe du monde de football par exemple, où l’on a tout d’un coup un accroissement de l’utilisation exponentielle des réseaux sur une période assez courte. Pour le confinement, c’est assez inédit parce que cela dure un peu et cela va durer encore, mais internet supporte.

Orange arrive-t-elle a gérer ce confinement ?

Oui, nous étions préparés à cela. En réalité, nous nous y préparons depuis des années, parce que l’utilisation des réseaux est croissante depuis des années. C’est notamment pour cela que les opérateurs sont autant obligés d’invertir dans les réseaux. Et c’est ce qui explique toutes les mesures mises en place pour l’installation de la fibre partout en France.
Nous avons évidemment anticipé ce confinement, tout a été renforcé avec une grosse priorité et un grand soutien auprès de tout ce qui est organismes sanitaires et hôpitaux. Ils ont dû faire face à un accroissement d’appels, donc nous avons réorganisé les réseaux afin qu’ils puissent supporter l’arrivée de tous ces appels. Les réseaux tiennent, mais nous ne relâchons pas la vigilance pour autant, chez Orange, nous avons un Plan de Continuité d’Activité, et bien sûr nous avons renforcé la vigilance notamment quand ont lieu des événements (comme par exemple des mises à jour de jeux vidéos ou de plateformes Internet). Les réseaux ont été adaptés, aussi bien pour les organismes prioritaires, que pour le télétravail, mais aussi le divertissement de tous les Français (réunions, vidéos, etc). Les équipes Orange sont sur tous les fronts pour anticiper et faire en sorte que les réseaux fonctionnent d’une manière la plus optimale possible.

Pouvez-vous mesurer l’accroissement de l’utilisation des réseaux ?

Oui, cet accroissement de l’utilisation des réseaux, depuis le début du confinement, peut se mesurer. Par exemple, le trafic mobile a été multiplié par deux, l’utilisation de WhatsApp multiplié par cinq, le télétravail multiplié par sept, les visioconférences multipliées par deux. Il y a aussi un très fort accroissement de l’utilisation des réseaux sociaux, ainsi que des plateformes telles que Netflix ou Youtube. Il y a effectivement eu d’énormes pics de l’utilisation d’Internet (moteurs de recherches).

Qu’en est-il de la pollution numérique ?

Nous n’avons pas de retour spécifique, parce que durant ce confinement nous utilisons plus les réseaux, mais on peut parler aussi de dépollution, car il y a plein d’autres choses que nous faisons moins, comme prendre la voiture.
Mais plus généralement, la pollution numérique est un sujet sur lequel nous travaillons. Le groupe a pris de forts engagements à travers un plan stratégique sorti en décembre dernier, portant sur les années 2020-2025, dans lequel figurent toutes les actions qui ont un lien avec la responsabilité sociale et environnementale. Nous nous engageons beaucoup sur le développement de la révolution digitale, mais aussi le défi climatique. Orange s’est d’ailleurs engagé à être neutre en carbone d’ici 2040 (malgré l’explosion digitale), grâce à l’utilisation des énergies renouvelables. Par exemple, l’entreprise a lancé récemment une nouvelle Box verte qui consomme moins afin de réduire l’empreinte carbone.

Qu’est-ce qui consomme le plus ?

À première vue, tout ce qui est vidéos, visioconférences et images consomment beaucoup. Tous les cours d’école sont en visio depuis quelques jours (maintenant que les écoles se sont organisées et ont mis cela en place). Même s’il y a quelques visioconférences pour le télétravail, la majorité des réunions se fait par appel téléphonique. En revanche, nous assistons beaucoup au développement d’une nouvelle utilisation de la vidéo qui est l’apéro-visio, qui effectivement consomme aussi énormément. Après, il faudrait pousser les études pour avoir une réponse exacte.

Certaines habitudes prises pendant le confinement pourraient-elles perdurer ?

Aujourd’hui, nous ne disposons pas encore d’éléments nous permettant de faire un bilan là-dessus. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il va y avoir un avant et un après confinement. Les gens s’aperçoivent que le numérique permet de trouver beaucoup de solutions pour continuer à travailler ou à se divertir. Il est probable que des changements s’opèrent et que certaines utilisations, qui se sont développées durant de confinement perdurent, à moins grande échelle.


Marion Rolland