Mode et Luxe : Guillaume de Seynes à la tête d’une mission pour le développement d’une filière textile française durable


Economie


10 juin 2020

Trouver des moyens de relocaliser des activités de la filière mode et luxe : un des enjeux de la mission

La crise sanitaire et économique qui frappe les filières industrielles de notre pays a révélé certains dysfonctionnements et limites de notre modèle économique linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) et une forte dépendance aux importations en matière d’approvisionnement. La période sans précédent que nous connaissons doit donc être l’occasion de converger collectivement vers un modèle à la fois plus vertueux et capable de renforcer notre indépendance stratégique sur des secteurs de production clés, la préservation de notre environnement et de notre climat, et la solidarité, via la création d’emplois durables sur tous les territoires.

Si le secteur du textile et de l’habillement a longtemps été emblématique de l’effondrement des effectifs industriels en France, il connait depuis quelques années un frémissement qui doit désormais être consolidé et amplifié. Il existe aujourd’hui une réelle opportunité de relocalisation de certaines activités, sur la base d’une production innovante, durable, génératrice de produits de qualité et d’emplois non délocalisables.

Savoir-faire ensemble

Les secrétaires d’Etat ont décidé d’une mission sous l’égide de Guillaume de Seynes, président du CSF « Mode & Luxe », qui associera des experts et des compétences du Luxe, de la Confection engagés dans le collectif « Savoir-Faire ensemble », et de la Distribution afin notamment :

- d’étudier les modalités de mise en œuvre, sur nos territoires, de modèles de production intégrés, innovants et durables - basés sur les notions d’écoconception, de recyclage, de réincorporation de matière recyclée, de réemploi ou encore de production à la demande ;
-  d’étudier le potentiel de relocalisation d’activités, aussi bien pour certains produits grand public que dans le secteur « Mode et Luxe », fondé sur les savoir-faire existants et la prise en compte de l’ensemble des externalités associées à une fabrication à l’étranger ;
- de proposer des mécanismes permettant de rendre davantage visibles les entreprises qui souhaitent s’engager vers plus de durabilité et de mieux informer les consommateurs sur les initiatives vertueuses.

Brune Poirson a déclaré : « Grâce à leur réactivité et leur coopération les acteurs de notre filière textile ont démontré pendant la crise tout l’intérêt d’avoir une production agile, au cœur des régions. C’est donc le moment de saisir ces enseignements pour faire face aux prochains défis. La mode française et plus largement notre secteur du textile vont devoir allier leur savoir-faire exceptionnel aux exigences de protection de l’environnement. Mon ministère les y aidera en leur apportant toute l’expertise dont ils auront besoin afin de réaliser cette transition vers une économie circulaire qui nous permettra de retrouver notre souveraineté sur les matières premières et de conquérir de nouveaux marchés durables. »

Agnès Pannier-Runacher a déclaré : « En quelques semaines, la filière textile française a réussi à mobiliser et à réorienter son appareil productif sur notre territoire afin de fournir aux Français des masques textiles durables à filtration garantie en quantités suffisantes. Cet effort impressionnant doit être salué. Il doit maintenant s’inscrire dans la durée et être soutenu pour permettre plus largement des relocalisations en France qui concernent tant le luxe que des productions pour le Grand public. C’est le cap que nous avons fixé aux deux missions lancées aujourd’hui : valoriser et développer une filière textile française innovante qui saura concilier économie et écologie, et créer de l’emploi durable sur les territoires. ».

Guillaume de Seynes a déclaré : « La crise a mis en lumière la capacité de mobilisation, d’adaptation et d’innovation de cette filière stratégique à plus d’un titre pour la France. Dans la poursuite de la dynamique révélée par le groupement "Savoir-faire Ensemble", il nous appartient de capitaliser sur cette énergie collective et imaginer des nouveaux modèles, leviers de relocalisation durable. La mode toujours se réinvente. C’est en s’attachant à ce qu’elle soit durable, innovante et transparente que nous pourrons renforcer notre compétitivité, participer à la relocalisation industrielle et créer des emplois.  ».


Valérie Noriega