L’arrivée de Dupond-Moretti agace (fort) certains magistrats


Droit


7 juillet 2020

Au micro d’Europe 1, Mme Céline Parisot a estimé ce matin que «  nommer au ministère de la Justice quelqu’un qui méprise profondément les magistrats et qui a pour habitude de nous insulter en nous traitant de caste endogame ou de barbouzes, ça nous pose un vrai problème ».
Passée cette entrée en matière révélatrice de vieux contentieux, elle a souhaité « du dialogue et des réformes parce qu’il y a beaucoup à faire. On espère que celles-ci ne se focalisent pas uniquement sur la prétendue irresponsabilité des magistrats  ». Elle a émis le vœu que le désormais ancien ténor du barreau réalisera des actes démontrant « que le ministre de la Justice sait s’occuper de l’ensemble des composantes de son ministère et ne pas rester aux a priori qu’il peut avoir pour le moment  ».

Budget, crise sanitaire et libertés publiques, retraites… Le travail ne manque pas pour le nouveau garde des Sceaux dont les déclarations souvent provocantes ne sont pourtant pas réservées à la magistrature. À l’occasion, de ses plaidoiries, il n’hésite pas à tailler en pièces ses chers confrères de la partie adverse, à la fois sur le fond des dossiers – c’est après tout le job de l’avocat – mais aussi sur leur personnalité. Tout récemment encore, il accusait deux avocates de dilettantisme et de ne pas connaître leur dossier.

Si le naturel revient toujours au galop, Dupond-Moretti devra tout de même mettre de l’eau dans son vin maintenant qu’il est ministre pour ne pas crisper davantage les relations entre les différentes catégories de professionnels de la justice. Il devra être le ministre de tous et de chacun. Un nouveau rôle pour celui qui aime aussi être comédien, et qui dans le privé se montre chaleureux et attentif autant que rugueux lorsqu’il défend une cause.

La passation de pouvoirs avec Nicole Belloubet est prévue ce matin à 11 heures.


Jean-Michel Chevalier