Santé mentale et élection : peut-on vraiment désigner un chef d’état sur un coup de folie ?


Politique


31 juillet 2020

La bipolarité de Kanye West, candidat déclaré à l’élection présidentielle USA a fait réagir

Après Donald Trump à la personnalité disons "complexe", les états-Unis
seront-ils présidés à partir de novembre par Kanye West qui a confié être bipolaire, ce qui provoque chez lui des épisodes de délires paranoïaques ? Le rappeur s’est en effet déclaré candidat à la Maison Blanche. Sa première réunion publique a été assez confuse puisqu’il a fait un discours surréaliste mélangeant les thématiques (armes, esclavage, avortement, foi) avant de fondre en larmes...Si l’on ne porte aucun jugement sur les intentions politiques de Kanye West ni sur ses talents de chanteur et de businessman, on s’inquiète tout de même un peu en l’imaginant à la tête de la première puissance mondiale, le doigt en suspens au dessus du bouton nucléaire.
L’histoire regorge d’exemples de responsables politiques dont les qualités sont, pour le moins, sujettes à caution.
Le plus "drôle" de la longue liste est sans doute français : Paul Deschanel, qui fut deux fois président de la Chambre avant de devenir président de la République (février- septembre 1920), était neurasthénique et sans doute quelque peu somnambule : une nuit, il est tombé du train vers Montargis, arrivant en pyjama chez le chef de gare pour s’inviter à dormir. Après sa démission de l’élysée et une période de repos dans le midi, il finira sa carrière politique comme sénateur.
Il y a pléthore de candidats pour le plus "sinistre" dirigeant : Adolf Hitler, Pol Pot ou encore Mao Tsé-Toung figurent en bonne place sur la liste, tandis que d’autres se bousculent au portillon, comme le petit père des peuples Staline, dont le régime sanguinaire fit des millions de victimes dans les goulags.
Si en France le président est accompagné d’un médecin personnel - dont les communiqués sur la santé du chef de l’état doivent être parfois lus entre les lignes comme à l’époque de François Mitterrand, officiellement en pleine forme mais atteint d’un cancer - il n’y a légalement aucune obligation de "visite médicale" avant ou après l’élection. Et pourtant, il s’agit d’une embauche en CDD pour cinq ans renouvelables !
Psychiatre et docteur en neurosciences, Patrick Lemoine présente les personnalités fragiles de dix-neuf chefs d’état dans son ouvrage "La Santé psychique de ceux qui ont fait le monde" (Ed. Odile Jacob). Délire de persécution, dépression, alcoolisme, ego démesuré, obsession notamment sexuelle, la liste est fournie.
Si le dictateur Kim Jong-un peut paraître "étrange" par ses toquades, il a réussi à rouler dans la farine son "excellent ami" Trump en continuant à faire joujou avec ses missiles nucléarisés. Au vu et au su du monde entier,
le sinistre Ceaușescu est resté à la tête de la Roumanie pendant plus de vingt ans. Plus souvent à raison qu’à tort, les démocratie considèrent que les dictateurs versent dans la folie. Churchill, qui ne crachait pas sur le whisky ; Jules César, épileptique ; et même Jésus "être exceptionnellement charismatique, qui pouvait aussi être impulsif et agressif" selon le psychiatre Lemoine. Sur la vingtaine de profils étudiés, il estime que seuls deux lui semblent exempts de toute maladie psychique. Cela fait au final assez peu, mais la proportion est-elle vraiment différente dans la population "normale" ?

Pour ma part, je coiffe derechef mon entonnoir pour me protéger du soleil
et je m’en vais maintenant prendre l’air sur le bord de mer ;-)


Jean-Michel Chevalier