Êtes-vous un électeur du dimanche ?


Economie


18 février 2021

Prêt à voter pour la présidentielle, de manière électronique, la semaine précédant le scrutin ?

L’idée paraît bonne, mais elle arrive bien tard dans le calendrier alors que les prochaines élections présidentielles sont déjà dans le viseur des différents partis et de candidats qui y pensent le matin en se rasant : le gouvernement propose de mettre en place pour le rendez-vous de 2022 un système de vote par anticipation - comme c’est le cas aux Etats-Unis - qui permettrait d’éviter les rassemblements de votants un même jour dans les bureaux.

Et, pourquoi pas, de lutter contre une abstention qui continue de progresser.
Mais toucher au mode électoral ou simplement déplacer la date de la consultation même pour de « bonnes » raisons comme une pandémie est un exercice délicat à réaliser car les arrière-pensées des uns et des autres ne sont pas loin pour crier au truquage ou à la confiscation du scrutin...
Sans grande surprise, l’amendement que le gouvernement a déposé a déjà été taillé en pièces par le Sénat, à majorité de droite.
Il revient aujourd’hui en discussion devant l’Assemblée nationale : de belles joutes oratoires en perspective !

La fin du vote dominical ?

En France, contrairement à d’autres pays européens, la tradition du vote dominical est bien installée. Mais elle ne fait pas l’unanimité puisque des personnes ne peuvent pas forcément y participer, notamment parce qu’elles travaillent ou… partent en vacances. D’où cette idée de tester un vote qui serait ouvert sur plusieurs jours de la semaine, le dimanche étant la dernière étape avant le dépouillement.
Techniquement, rien d’impossible, mais pour arriver à ce résultat il faudra bousculer les habitudes… Le texte présenté au parlement prévoit que ces dispositions de vote anticipé ne s’appliqueraient pour cette expérimentation que dans des chefs-lieux de département, dans certains bureaux de vote, après inscription préalable sur internet car ce vote par anticipation serait réalisé sur une machine à voter, sans enveloppe ni urne, ce qui facilitera la « surveillance » du scrutin.
Les votes « anticipés » seront « dépouillés » en même temps que les bons vieux bulletins en papier de manière à ce qu’ils n’influencent pas les électeurs… du dimanche. 
Le mandat actuel du président Macron court jusqu’au 13 mai 2022. Les dates des premier et second tours ne sont pas encore arrêtées, ni celles des législatives qui suivront. Le sanitaire a aussi son mot à dire pour mettre les pendules à l’heure.


Jean-Michel Chevalier