REF2023 : L’union fait la force


Economie


30 août 2023

La Rencontre des entrepreneurs de France, organisée lundi et mardi à l’hippodrome parisien de Longchamp, a été marquée dans un contexte peu reluisant par des messages invitant à l’unité et l’optimisme.

Le thème, « Demain ne meurt jamais  », emprunté à la saga des James Bond, affichait la foi en l’avenir du nouveau président du MEDEF, Patrick Martin, qui vient de succéder à Geoffroy Roux de Bézieux. Comme son prédécesseur, il est monté sur scène en musique, accompagné du « Don’t stop me now » de Queen. «  Pourquoi ce titre ? Selon le Feel Good Index […] c’est la chanson qui rend le plus heureux. Et je pense qu’en cette période un peu anxiogène, une dose d’enthousiasme ne nuit pas », a lancé Patrick Martin. « Don’t stop me now, c’est aussi un appel. Un appel à ne pas rester les bras croisés, un appel à la vitalité. Un appel à ne pas s’arrêter en si bon chemin. Un appel à l’action, à l’optimisme. Et cela tombe bien car l’action et l’optimisme, c’est le moteur des entrepreneurs  ».

"Les défis sont immenses"

En préambule, dans un message vidéo enregistré, le président de la République Emmanuel Macron a souhaité adresser aux entrepreneurs de France un message d’unité tout en indiquant, à trois reprises, avoir «  besoin  » d’eux, notamment pour mener la bataille du plein emploi. « Dans le moment que nous vivons, je suis absolument convaincu que l’unité doit prévaloir  », a déclaré le Président, citant comme éléments de déstabilisation la guerre de retour en Europe, les coups d’Etat en Afrique, la tension entre la Chine et les Etats-Unis, l’accélération des changements technologiques et les dérèglements climatiques. « Toutes ces transformations et l’accélération de l’histoire […] nous imposent d’agir de manière unie pour avoir un modèle productif, solide et conquérant et pouvoir financer notre modèle social. Pour ce faire, je crois que nous avons une force qui est notre système énergétique français, la force de nos entrepreneuses et de nos entrepreneurs ».

Dans son premier discours dans la peau du patron des patrons, Patrick Martin a souligné que les Français avaient besoin de « s’unir », de se «  ré-unir, autour d’un dessein et d’un récit partagés, celui de la réussite collective ». « Les défis sont immenses mais les entreprises ont la solution, a-t-il continué. La création d’emplois, nous savons faire. La sobriété, nous savons faire. L’inclusion, l’intégration, nous savons faire. La décarbonation, nous savons faire. Nous avons les solutions mais cela demande que l’on nous en laisse la liberté et les moyens ».

Invitée à s’exprimer sur scène juste après lui, la Première ministre Élisabeth Borne s’est voulue rassurante, assurant que le gouvernement menait une « politique pro business », « parce que nous sommes convaincus que c’est bon pour notre pays et bon pour ses salariés. C’est comme cela que l’on crée des emplois, c’est comme cela que notre pays peut enfin sortir du chômage de masse. Le chômage est au plus bas depuis 40 ans et je vous confirme que nous allons continuer ».
L’unité affichée par le gouvernement et le patronat s’est néanmoins fissurée à deux reprises : sur la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), qui ne sera totalement supprimée qu’en 2027, au lieu de 2024, et sur les excédents de l’Unédic, que le gouvernement souhaite utiliser pour «  un meilleur accompagnement de ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi » alors que Patrick Martin milite pour une baisse des cotisations chômage des entreprises.


Sébastien Guiné