Fibre Excellence Tarascon

Fibre Excellence Tarascon : l’État fait intervenir l’Ademe pour sécuriser le site

L’État a décidé de faire intervenir l’Ademe sur le site de Fibre Excellence à Tarascon, placé en liquidation depuis l’arrêt de l’activité. "Devant l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement du fait du liquidateur, l’Etat lui substitue, de manière exceptionnelle et déterminée, l’ADEME" précise le communiqué du ministère de ce 18 septembre. Classée Seveso, l’usine conserve sur place d’importants volumes de bois, de produits chimiques et de déchets dangereux. Les autorités redoutent notamment un incendie ou une pollution du Rhône.

Face à l’absence de mise en œuvre de plusieurs mesures de sécurité prescrites aux liquidateurs, l’État a décidé de se substituer à eux, à titre exceptionnel, pour engager des travaux de mise en sécurité.

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a donné jeudi son accord au préfet des Bouches-du-Rhône pour que l’Agence de la transition écologique (Ademe) intervienne « dans le cadre d’une urgence impérieuse  ». Un arrêté préfectoral de travaux d’office doit être pris dans la foulée afin de permettre le lancement des opérations.

Des produits dangereux toujours présents sur le site

Depuis l’arrêt de l’activité et la mise en liquidation de Fibre Excellence Provence, une partie des installations et des stocks demeure sur place. Du bois et des produits chimiques sont notamment entreposés à proximité immédiate du Rhône.
Le site, classé Seveso en raison des risques liés à certaines substances dangereuses, dispose par ailleurs d’équipements nécessaires à la prévention des incendies. Mais ceux-ci sont actuellement à l’arrêt, selon les services de l’État.
Le 15 septembre, une visite conjointe de l’inspection des installations classées et de l’Ademe a permis de dresser un nouvel état des lieux. Les agents ont constaté la présence de bois, de produits dangereux et de déchets sur l’ensemble du site, dont des déchets dangereux liquides, « majoritairement composés de liqueurs », précise le ministère.
Dans ce contexte, la remise en service du réseau de lutte contre les incendies et de la station d’épuration est jugée nécessaire par les autorités.

Plusieurs arrêtés restés sans effet

Depuis l’arrêt de l’usine, les services de l’État ont pris plusieurs mesures pour demander la sécurisation du site : arrêtés de mesures d’urgence, mise en demeure, puis réquisition. Selon le ministère, ces prescriptions n’ont pas, à ce jour, été exécutées par les liquidateurs. L’intervention de l’Ademe vise donc à permettre la réalisation des opérations considérées comme indispensables à la sécurité du site, sans attendre davantage. « La situation n’a que trop duré », estime Mathieu Lefèvre dans le communiqué du ministère. Le ministre justifie la décision par la présence de «  déchets dangereux  » et le risque de «  pollution du Rhône », ainsi que par l’arrêt des équipements nécessaires à la sécurité du site. « Le montant de la facture sera évidemment adressé aux liquidateurs  », indique le ministre.

Visuel de Une ©Fibre Excellence