Economie

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22 juin 2017

Si Angela prend froid
Si Angela prend froid c'est Emmanuel qui va tousser !
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Pour reprendre un mot en vogue, Emmanuel Macron et Edouard Philippe devront rendre "durable" cette majorité que les Français viennent de leur accorder. Elle est aussi large que les attentes sont fortes et parfois contradictoires.

Si le président et le Premier ministre disposent maintenant de tous les moyens pour piloter comme ils l’entendent les réformes promises et nécessaires, ils ne doivent pas perdre de vue que notre pays est dans un état assez préoccupant.

1. Économiquement, même si une embellie est constatée depuis quelques mois, la France ne réussit toujours pas à transformer en emplois la (toute) petite croissance durement acquise à coups d’exonérations et autres crédits d’impôts. La proportion des chômeurs dans la population active reste élevée et plombe à la fois le moral des ménages et les comptes publics.

2. Justement, parlons-en des comptes publics ! Sécurité sociale, retraites, balance du commerce extérieur, déficit... La situation est là aussi encore inquiétante : de nouveaux "dérapages" - terme pudique pour désigner de nouveaux emprunts seront payés par les générations futures pour boucher les trous d’aujourd’hui - ne sont pas à exclure. Surtout si la croissance de la zone euro ralentit. Car nous sommes très dépendants de nos voisins et partenaires, en particulier de l’Allemagne.
Qu’Angela attrape un rhume, et c’est Emmanuel qui verra la fièvre monter chez lui.

3. Politiquement, si le président Macron a réussi à atomiser l’UMP et le PS pour se construire une majorité à sa main à
l’Assemblée, il n’en demeure pas moins que cet équilibre issu des urnes reste fragile. Il n’a pas encore de relais bien aguerris dans les collectivités territoriales, pas plus que dans les grands services de l’état où les hauts
responsables ont été nommés aux postes-clés par le pouvoir précédent. Une large partie de l’opinion est restée, par déception ou parce qu’elle ne se retrouve pas dans cette nouvelle République en marche, en dehors du débat des législatives. L’abstention record prouve ce désintérêt : là aussi, il faudra inverser la courbe...
Même si, au final, il y aura forcément recomposition, il faudra convaincre pour ramener les gens à la politique au sens le plus noble du terme.
Et réussir là où les autres ont largement échoué depuis quarante ans. Ce ne sera pas facile. Le pari est osé, le défi immense, l’enjeu crucial pour le pays, pour des Français désenchantés qui ont tendance à ne voir que le côté obscur des choses.
Alors que nous avons de la force, des entreprises performantes, un savoir-faire reconnu, une formation de qualité, des soins au top niveau. Reste à se retrousser les manches et à croire en notre étoile, qui n’est pas si
mauvaise que cela, comparée à d’autres pays. Courage !

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