Au-delà du succès du rosé, la filière prépare le vignoble de 2035
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 4 septembre 2026
Au-delà du succès du rosé, la filière prépare le vignoble de 2035
Pendant que les vendangeuses mécaniques et les sécateurs s’activent dans la fraîcheur des nuits provençales pour la récolte 2026, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) a le regard tourné vers l’avenir. Derrière l’image estivale et le succès planétaire de ses rosés, la filière orchestre une profonde mutation pour s’adapter aux enjeux de demain et asseoir durablement sa position de référence mondiale.
La renommée des rosés de Provence repose sur un savoir-faire précis où chaque heure compte. Comme le soulignent les professionnels du secteur, la production d’un grand rosé est une véritable course contre la montre. La récolte, souvent effectuée entre 3h du matin et le lever du soleil, vise à préserver la fraîcheur des baies. De la vigne au chai, les étapes de vinification sont ensuite minutées pour extraire les arômes délicats et obtenir cette couleur pâle qui est devenue la signature de l’appellation. Cette maîtrise technique, perfectionnée au fil des décennies, constitue le socle sur lequel la Provence a bâti son leadership.
Préparer le vignoble face aux défis de 2035
Consciente que ses acquis sont menacés par le changement climatique, la filière a engagé une réflexion stratégique pour construire le vignoble de 2035. L’adaptation est au cœur de la démarche. Les vignerons et les experts du CIVP travaillent sur plusieurs leviers. D’abord, l’adaptation des cépages, en étudiant des variétés plus résistantes à la sécheresse et aux fortes chaleurs tout en préservant l’équilibre aromatique des vins. Ensuite, la préservation des sols est devenue une priorité, avec des pratiques visant à améliorer leur régénération et leur capacité à retenir l’eau, ressource de plus en plus précieuse. Ces actions visent à renforcer la résilience de la vigne face aux aléas climatiques et à garantir la pérennité de la production de vins frais et
La Provence ne se contente pas d’adapter ses vignes ; elle adapte aussi sa stratégie de marché. Après avoir façonné les codes du rosé contemporain, elle entend renforcer sa position en répondant aux nouvelles attentes des consommateurs. Cela passe par une offre de rosés toujours frais et élégants, mais aussi par un engagement environnemental de plus en plus marqué. Pour garantir la confiance des acheteurs, la filière travaille à la création d’un signe de reconnaissance distinctif qui permettra d’identifier facilement les Vins de Provence en rayon. Cette nouvelle signature devrait voir le jour dès le millésime 2027. La diversification des marchés est également un axe de développement majeur pour sécuriser les volumes et valoriser la production.
L’œnotourisme et l’humain comme vecteurs de valeur
Au-delà des aspects techniques et commerciaux, la filière mise sur la valorisation de son territoire et de son capital humain. L’œnotourisme s’affirme comme un levier de croissance stratégique, invitant les visiteurs à découvrir la mosaïque de paysages qui s’étend des contreforts de la Sainte-Victoire au littoral méditerranéen. Cette immersion au cœur des terroirs et des domaines révèle la diversité des Vins de Provence. Parallèlement, le secteur met en avant des histoires humaines fortes, qu’il s’agisse de la transmission familiale, de l’esprit coopératif ou de l’intégration de personnes en situation de handicap ou d’anciens militaires, qui trouvent dans la viticulture une nouvelle voie professionnelle.