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Baromètre Bpifrance Le Lab : la trésorerie des TPE-PME tient, mais l’incertitude freine l’investissement

Les petites et moyennes entreprises abordent la rentrée avec des finances plus solides, mais sans retrouver leur confiance. La demande reste le principal frein à l’activité et l’incertitude politique conduit près de six entreprises sur dix ayant un projet à repousser ou annuler leurs investissements. La trésorerie des TPE-PME donne des signes d’amélioration, sans pour autant revenir à son niveau habituel. Au troisième trimestre 2026, le solde d’opinion sur son évolution progresse de cinq points, à son plus haut niveau depuis deux ans, selon le dernier baromètre de Bpifrance Le Lab. La part des dirigeants constatant une amélioration atteint 11 %, tandis que celle faisant état d’une dégradation recule à 34 %.

La situation reste néanmoins tendue : 35 % des dirigeants jugent encore leur trésorerie difficile. Dans le même temps, 88 % estiment disposer de réserves suffisantes pour absorber les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.

L’investissement marque le pas

Cette résistance financière ne suffit pas à relancer l’investissement. Seuls 42 % des dirigeants déclarent avoir investi ou prévoir de le faire en 2026, quatre points de moins qu’au trimestre précédent et trois points de moins sur un an. Le niveau se situe désormais à plus de dix points sous la moyenne observée depuis 2018.
Et les entreprises qui investissent se montrent prudentes sur les montants. 37 % prévoient de réduire leur budget, contre 16 % qui envisagent de l’augmenter.
Les dépenses restent avant tout défensives. Le remplacement d’équipements usagés ou obsolètes est cité par 76 % des entreprises qui investissent, devant la modernisation des équipements ou installations, à 62 %. Quelques projets témoignent néanmoins d’une volonté de développement : 29 % des entreprises concernées prévoient d’accroître leurs capacités de production, soit quatre points de plus sur le trimestre, et près d’un tiers envisage de lancer de nouveaux produits ou services.

Le recours au crédit atteint un point bas

Le moindre appétit pour l’investissement se traduit logiquement dans le recours au crédit. Pour financer leur exploitation courante, 60 % des TPE-PME déclarent avoir eu recours à un financement bancaire, contre 68 % en moyenne sur la période 2018-2025. Pour l’investissement, la proportion tombe à 70 %, son plus bas niveau depuis le début de la série en 2018. Les difficultés d’accès au financement ne sont pourtant pas en forte hausse : elles concernent 17 % des entreprises ayant sollicité un crédit d’investissement. Le recul du crédit semble donc refléter autant la prudence des banques que celle des dirigeants, qui réduisent ou reportent leurs projets.

La faiblesse de la demande préoccupe

La faiblesse de la demande concentre désormais les inquiétudes. Elle est citée par 64 % des dirigeants comme un frein au développement, trois points de plus qu’au trimestre précédent et qu’un an auparavant. Les perspectives de demande préoccupent particulièrement les entreprises : elles sont citées par 58 % des répondants. Les difficultés de recrutement arrivent derrière, à 36 %. Elles restent cependant nettement inférieures à leur moyenne historique, de 49 % entre 2018 et 2025. Les coûts et prix élevés reculent, eux, de cinq points sur le trimestre, à 27 %. Les tensions géopolitiques continuent toutefois de perturber l’activité. Près de deux entreprises sur trois déclarent subir les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient et 56 % font état de difficultés d’approvisionnement.

L’incertitude politique retarde les décisions

C’est surtout le manque de visibilité qui entretient l’attentisme. 92 % des dirigeants estiment que l’incertitude liée à la politique économique a un impact négatif sur leur activité, dont 58 % jugent l’impact fort. Cette incertitude se traduit directement dans les projets d’investissement. Parmi les entreprises qui prévoient d’investir, 59 % envisagent de reporter ou d’annuler leurs projets pour cette raison. La proportion reste élevée, même si elle recule par rapport aux 66 % enregistrés au troisième trimestre 2025. Interrogés sur les principaux risques pesant sur leur entreprise, les dirigeants placent l’incertitude politique nationale en tête, devant les tensions géopolitiques et la faiblesse de la demande.

Le contraste est donc net : les TPE-PME résistent financièrement, mais peinent encore à se projeter. L’amélioration de la trésorerie ne se traduit pas, à ce stade, par un redémarrage de l’investissement.

Facturation électronique : la préparation progresse, les interrogations demeurent

Autre enseignement du baromètre : les TPE-PME se déclarent largement préparées à la facturation électronique. 91 % indiquent être prêtes à l’entrée en vigueur de l’obligation de pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que 44 % se disent déjà prêtes à recevoir ces factures. La réforme reste néanmoins source d’interrogations. 80 % des dirigeants identifient au moins un frein à sa mise en œuvre. Le coût des solutions arrive en tête, cité par 42 % des répondants, devant la difficulté à choisir un prestataire, à 37 %. Le manque de temps, la complexité technique et les risques de cybersécurité figurent également parmi les principales préoccupations.

Enquête menée du 24 août au 3 septembre 2026 auprès de 4 175 dirigeants de TPE-PME. L’analyse conjoncturelle porte sur 1 119 réponses complètes et fiables ; le volet sur la facturation électronique sur 1 113 entreprises. Champ : entreprises de 1 à moins de 250 salariés, hors secteurs marchands non agricoles, réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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