Entreprises en difficulté : l’AGS et les CCI veulent mieux détecter les fragilités
- Par Valérie Noriega --
- le 31 août 2026
Face à la persistance des difficultés économiques des entreprises, l’AGS et CCI France renforcent leur coopération. Leur objectif : intervenir plus en amont auprès des dirigeants, alors que l’accès aux dispositifs d’accompagnement reste encore insuffisamment lisible.
L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) et CCI France viennent de formaliser un partenariat destiné à améliorer l’accompagnement des dirigeants confrontés à des difficultés économiques.
Cette convention intervient dans un contexte de fragilisation persistante du tissu entrepreneurial et de hausse des défaillances. Elle vise notamment les TPE et PME, pour lesquelles l’identification précoce des difficultés peut conditionner les possibilités de redressement.
Mieux repérer les premiers signaux
Le principal enjeu du rapprochement entre les deux réseaux est de réduire le délai entre l’apparition des premières tensions et la mobilisation des dispositifs d’aide. L’AGS et les CCI souhaitent mettre en commun leurs expertises afin de mieux identifier les signaux d’alerte et d’orienter plus rapidement les chefs d’entreprise vers les interlocuteurs compétents.
Le constat dressé par l’AGS souligne un paradoxe : la demande d’accompagnement existe, mais une partie des dirigeants ne franchit pas le pas. Selon une étude réalisée cet été avec Ipsos, près de 70 % des dirigeants de TPE chercheraient un accompagnement lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Mais 60 % y renonceraient en raison d’une offre jugée insuffisamment lisible.
« L’AGS a vocation à intervenir lorsque l’entreprise traverse une période critique », souligne son président Christian Nibourel, qui entend également agir davantage en amont. L’objectif est notamment de faciliter l’accès à l’information et aux différents dispositifs existants.
Simplifier le parcours des dirigeants
- Concrètement, le partenariat prévoit des actions communes de sensibilisation, des échanges d’informations ainsi qu’une meilleure mise en valeur des dispositifs d’accompagnement proposés par les deux réseaux.
L’enjeu est aussi territorial. Avec son réseau de 121 chambres, CCI France dispose d’un maillage local permettant d’être au contact des entrepreneurs. L’AGS, de son côté, intervient dans le cadre des procédures collectives et de sa mission de garantie des salaires.
Cette complémentarité doit permettre de mieux articuler prévention et traitement des difficultés. « Cette coopération avec l’AGS renforce notre capacité d’action en amont », estime Alain Di Crescenzo, président de CCI France, en insistant sur la nécessité pour les dirigeants d’identifier plus tôt les solutions disponibles.
Une démarche nationale
Le rapprochement entre les deux organisations s’inscrit dans le prolongement de la charte nationale pour l’anticipation et la prévention des difficultés des entreprises, signée en février 2026. Pour l’AGS, l’enjeu est également de préserver l’emploi. Créé en 1974, le régime de garantie des salaires intervient lorsqu’une entreprise est placée en procédure collective et que celle-ci ne peut plus assurer le paiement des rémunérations. En 2025, l’organisme indique avoir accompagné près de 250 000 salariés et avancé plus de 2,2 milliards d’euros.
Au-delà de la prise en charge des entreprises déjà en procédure collective, le partenariat avec les CCI traduit une volonté de renforcer le volet préventif. Pour les deux acteurs, l’enjeu consiste désormais à rendre les dispositifs existants plus accessibles et à favoriser une intervention suffisamment précoce pour donner aux entreprises en difficulté davantage de marges de manœuvre.