Forêt Modèle de Provence

Forêt Modèle de Provence appelle à une refonte de la politique de prévention

Face aux feux de l’été 2026, l’association Forêt Modèle de Provence plaide pour une stratégie de prévention et de gestion durable des forêts.

Alors que l’été 2026 confirme la vulnérabilité des territoires du Sud face aux incendies, l’association Forêt Modèle de Provence, basée à Gardanne près d’Aix-en-Provence, lance un appel pour un changement de paradigme. Tirant les leçons des sinistres qui ont déjà ravagé des milliers d’hectares, notamment celui de Pontevès dans le Haut-Var, l’organisation estime que l’heure n’est plus aux constats répétés mais à une action structurelle fondée sur la prévention, l’adaptation et la gestion active des massifs forestiers.
Ainsi, l’association exprime sa reconnaissance envers tous les acteurs mobilisés, des sapeurs-pompiers aux bénévoles. Elle adresse également ses pensées aux familles des deux pompiers tragiquement décédés en intervention à Mérignac (Gironde), un drame qui rappelle le lourd tribut humain de chaque catastrophe.

Un modèle réactif à bout de souffle

Pour Forêt Modèle de Provence, les hommages, bien que nécessaires, ne peuvent plus masquer l’inefficacité d’une politique principalement axée sur la lutte.

«  Chaque année, après les flammes, les mêmes constats reviennent. Les rapports s’accumulent, souvent identiques  », déplore l’association.

Face à des feux rendus plus intenses et fréquents par le changement climatique et l’accumulation de combustible végétal, une approche proactive s’impose. Cette nouvelle vision doit reposer sur une gestion du territoire, loin de l’image d’une forêt-musée laissée à l’abandon. L’association insiste sur l’importance de l’application et de l’adaptation des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD) comme première ligne de défense. L’organisation plaide pour la réhabilitation des filières économiques locales, qui contribuent naturellement à la résilience des paysages. Soutenir les propriétaires, relancer les débouchés pour le bois, le liège ou la biomasse, maintenir le pastoralisme et recréer des mosaïques paysagères avec des espaces agricoles sont autant de leviers pour réduire la masse de combustible et limiter la propagation des flammes.
Cette idée n’est pas nouvelle, comme le rappelle une citation de l’ouvrage de Charles de Ribbe, Des incendies de Forêts dans la région des Maures et de l’Esterel, datant de 1866 : « De véritables cordons sanitaires seraient établis en travers des vents dangereux, le long des crêtes de rochers et dans la direction des vallées, pour empêcher l’incendie de passer d’un versant à l’autre  ».

Des moyens à la hauteur des enjeux climatiques

La prévention doit s’accompagner de moyens techniques et humains renforcés. Forêt Modèle de Provence souligne l’urgence de concrétiser les promesses de renforcement de la flotte de bombardiers d’eau et de développer la coopération européenne. La recherche scientifique et l’innovation doivent également être érigées en priorités nationales pour mieux anticiper et combattre les feux. L’association met aussi en garde contre le phénomène de « cabanisation », défini comme l’installation illégale de constructions en zones forestières, qui augmente la vulnérabilité des vies humaines et complexifie le travail des secours.

La forêt, un patrimoine vivant et économique

L’association appelle l’ensemble des acteurs — État, collectivités, scientifiques, propriétaires et citoyens — à construire une stratégie méditerranéenne de résilience. La forêt ne doit plus être perçue comme un simple décor touristique mais comme un patrimoine vivant, riche en biodiversité, qui joue un rôle crucial dans le stockage du carbone, la lutte contre l’érosion et le dynamisme économique local. L’urgence, selon Forêt Modèle de Provence, n’est pas de diaboliser le feu, élément intrinsèque de l’écosystème méditerranéen, mais d’investir massivement dans l’adaptation de nos territoires au changement climatique.

Photo de Une : ©DR