Georgia Lambertin : « (…)

Georgia Lambertin : « L’agriculture est le premier allié contre les incendies »

Face à l’intensification des feux de forêt, la Chambre d’Agriculture PACA appelle le Gouvernement à mieux soutenir les agriculteurs dans leur rôle de prévention.

Alors que la multiplication des incendies, notamment dans le Var, marque une nouvelle fois l’été, la Chambre Régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur monte au créneau. Dans un courrier daté du 31 juillet et adressé à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, sa présidente Georgia Lambertin plaide pour une meilleure reconnaissance et un soutien accru au rôle essentiel que joue le monde agricole dans la protection des territoires contre le feu.

« Dans un contexte marqué par la multiplication et l’intensification des incendies, l’agriculture est le premier allié de ceux qui se battent pour sauvegarder nos territoires  », écrit Georgia Lambertin.

Un rôle crucial de prévention et de lutte

La présidente de la Chambre Régionale, qui siège également à la commission Agriculture du Conseil Économique, Social et Environnemental Régional (CESER), rappelle que la contribution des agriculteurs va au-delà de la solidarité dont ils font preuve aux côtés des sapeurs-pompiers lors des sinistres. Au quotidien, leurs pratiques façonnent le paysage et constituent un rempart naturel contre la propagation des flammes.

En maintenant des espaces ouverts, les cultures et les prairies créent des coupures paysagères qui freinent la progression du feu et facilitent l’intervention des secours. Ces exploitations agissent comme de véritables zones tampons, limitant l’accumulation de végétation combustible en lisière de forêt. L’agriculture participe aussi à l’entretien des équipements de Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI) et à la gestion des sous-bois.

Cependant, ce rôle de sentinelle est menacé. La profession agricole est en première ligne face aux conséquences du changement climatique. Sécheresses à répétition, épisodes de gel tardif, inondations et incendies fragilisent chaque année la pérennité des exploitations. Or, leur disparition progressive signifierait une avancée des friches et une augmentation du risque.

L’enjeu est de taille dans une région où la forêt couvre 52 % du territoire. Pour la Chambre d’Agriculture, il est impératif d’accompagner l’adaptation du modèle agricole méditerranéen et de soutenir plus fermement les structures qui entretiennent les espaces ruraux.

Quatre propositions concrètes adressées au gouvernement

S’appuyant sur les travaux du CESER et de la Chambre Régionale, Georgia Lambertin formule quatre propositions concrètes pour renforcer cette « guerre du feu » menée par les agriculteurs.
 La première vise à systématiser la création de zones tampons en installant des cultures entre les zones urbaines et les massifs forestiers, notamment via la reconquête des friches agricoles.
 La deuxième préconise de recenser et d’aider financièrement les agriculteurs mobilisables pour l’achat de matériel d’intervention (citernes, etc.), afin de créer un maillage de première intervention en coordination avec les services de secours et l’Office National des Forêts (ONF).
 Le troisième axe porte sur le soutien renforcé au pastoralisme et au sylvopastoralisme. Il s’agit d’accompagner les éleveurs, qui jouent un rôle de débroussaillement naturel, en les aidant face à la prédation et en facilitant leur accès à des pâturages pérennes via des contrats de location pluriannuels.
 Enfin, la Chambre d’Agriculture demande de faire évoluer le code forestier pour favoriser la présence des troupeaux dans les massifs, notamment en autorisant le pâturage caprin là où il contribue à l’entretien des milieux et à la prévention des incendies.
Convaincue de la « nécessité d’agir sans attendre », Georgia Lambertin se tient à la disposition de la ministre pour engager un travail concret sur ces sujets cruciaux pour l’avenir des territoires du sud de la France.

Visuel de Une © SDIS du Var