Jean-Marie Girier fixe le cap de son action dans les Alpes-Maritimes
- Par Manon Laniel --
- le 29 juillet 2026
À peine installé dans les Alpes-Maritimes, le nouveau préfet a présenté sa feuille de route. Sécurité, eau, logement, développement économique et coopération transfrontalière figurent parmi les priorités de son action.
Quelques heures après sa prise de fonctions, Jean-Marie Girier est entré dans le vif du sujet. Lors d’une rencontre avec la presse organisée ce lundi 27 juillet 2026 à la préfecture de Nice, dans le Palais des Rois Sardes, le nouveau représentant de l’État a détaillé la méthode qu’il entend appliquer dans un département qu’il qualifie d’« exigeant », « où l’État est attendu » et qui nécessite « une action forte de l’État ».
des journalistes lors d’un échange
dédié à la presse ©ML
Passé par le Territoire de Belfort, la Vienne puis les Pyrénées-Atlantiques, le préfet de 42 ans souhaite avant tout s’appuyer sur « une posture d’impartialité, de neutralité et d’équité », mais aussi sur « le dialogue, la confiance et la proximité ». Une méthode qu’il entend mettre en œuvre dès ses premiers jours, en multipliant les rencontres avec les élus. « Un préfet ne décide pas seul dans son bureau. C’est sur le terrain qu’on observe, qu’on écoute pour mieux décider et mieux agir », affirme-t-il.
Six priorités pour le territoire
La sécurité arrive en tête de ses priorités. Jean-Marie Girier évoque la lutte contre le narcotrafic, la criminalité organisée et l’immigration irrégulière, avec des déplacements prévus dès les premiers jours auprès des forces de sécurité, notamment dans les quartiers niçois et à la frontière franco-italienne. Le logement constitue un autre chantier majeur. « Il n’y a pas de petit projet, il n’y a pas de petit maire, comme il n’y a pas de petit problème », souligne-t-il, annonçant une conférence territoriale du logement d’ici la fin de l’année afin de réunir élus, bailleurs et professionnels du secteur.
L’adaptation au changement climatique occupera également une place centrale. Face à la multiplication des épisodes de sécheresse, le préfet souhaite relancer des Assises de l’eau. « Quand quatre étés sur cinq nécessitent des mesures de restriction, il faut en tirer des conclusions », explique-t-il, appelant à construire une stratégie de long terme conciliant les besoins agricoles, touristiques, industriels et domestiques. Interrogé sur le refus de certaines communes d’appliquer les arrêtés préfectoraux concernant les douches de plage, Jean-Marie Girier privilégie, dans un premier temps, la concertation. « On va commencer par le dialogue », répond-il, tout en rappelant que « l’important, c’est toujours aussi de respecter la règle » et qu’il ne faut « pas jouer les usages les uns contre les autres ».
Une coopération renforcée avec Monaco et l’Italie
Le développement économique figure également parmi les axes majeurs de son mandat. Le préfet entend accompagner les filières d’excellence du territoire, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. « Avant de produire des richesses, il faut déjà les créer », résume-t-il. Dans ce département frontalier, Jean-Marie Girier souhaite enfin renforcer les liens avec les partenaires italiens et monégasques. « J’aurai à cœur de déployer avec nos amis italiens, avec nos amis monégasques, une coopération de qualité », assure-t-il, au bénéfice des travailleurs transfrontaliers et des nombreux projets communs.
Questionné sur son parcours aux côtés d’Emmanuel Macron, il tient enfin à lever toute ambiguïté. « Je ne suis pas un préfet politique. Je suis un préfet de la République. Je n’ai pas d’agenda politique », insiste-t-il, promettant de travailler « avec tous les maires, sans exclusive, sans distinction », au service de l’intérêt général.
