Les femmes à l’arrêt : L’appel du 13 octobre de World With Women
- Par Marine Einaudi --
- le 7 octobre 2026
Mardi soir, au tiers-lieu de la Trésorerie, le Curiosity Club proposait un échange avec Sandie Crayne, l’ambassadrice à Nice de World With Women. Le mouvement, lancé le 30 mars 2026, lors du sommet mondial ChangeNOW au Grand Palais à Paris, milite pour la mixité et appelle les femmes à se mobiliser.
« Je fermerai ma boutique, ce sera un manque à gagner pour moi mais on doit lever la main pour dire qu’on existe. » Fabienne a pris sa décision comme Sarah qui posera sa journée. « Toute ma vie, j’ai subi des injustices dans mes activités professionnelles. Dans mon quotidien, j’ai trois enfants, deux filles et un garçon. J’ai beau les élever de la même manière : mon fils a tendance à penser qu’il est le chef. »
Vanessa et Karine sont indépendantes, elles ne pourront pas avoir la même démarche, cela fragiliserait leur entreprise mais elles sont présentes pour assister au talk de Sandie et soutenir le mouvement.
À l’arrêt !
coordinatrice du Curiosity Club
©ME
Sur la scène de la Trésorerie, Florence Mosnier, coordinatrice du Curiosity Club, a convié Sandie Crayne : « Le Curiosity Club appelle les curieux et les curieuses à s’interroger sur ce qui nous entoure, sur toutes ces histoires et parcours de vie que nous ne connaissons pas forcément mais qui peuvent œuvrer pour plus de parité et de mixité. »
Sandie Crayne est ambassadrice du World With Women et à ce titre, elle évoque son parcours personnel et professionnel en le disant bien : « J’ai un parcours traditionnel, je n’ai été victime ni de violences ni de situations particulièrement difficiles mais c’est viscéral, je dois m’investir pour plus de parité dans notre société. Un sujet qui est toujours aussi important en 2026 car les femmes représentent 52 % de la population, 49 % des actifs et que le pourcentage se réduit au fur et à mesure qu’on se rapproche de la gouvernance… C’est la pyramide inversée… elles ne sont plus que 36 % dans les Comex et Codir, 27 % dans les conseils d’administration, 7 % quand il s’agit de prendre une décision cruciale pour l’entreprise et aucune n’a la double casquette, présidente et directrice générale. Les femmes sont présentes dans le monde économique mais dès lors qu’il y a le pouvoir, elles sont absentes. »
Le collectif appelle donc les femmes à cesser toute activité mardi 13 octobre : « L’idée c’est l’arrêt au travail, à la maison, de demander aux hommes de prendre le relais pour pouvoir faire le constat global de l’impact qu’a la femme dans l’économie. »
L’inspiration vient de l’exemple islandais, l’histoire remonte à 1975.
ambassadrice à Nice
de World With Women.
©ME
La grève des Islandaises
Le 24 octobre 1975, les Islandaises ont tout arrêté pendant une journée. Ce jour-là, 90 % des femmes ont fait grève : au travail, mais aussi chez elles. Elles ont laissé les maris se débrouiller avec le ménage, la cuisine, les enfants. Les crèches ont fermé. Tous les secteurs de l’économie ont été impactés et le pays paralysé. Le but recherché était de montrer que la moitié de l’humanité est indispensable au fonctionnement du monde. En 1980, l’île était le premier pays à élire une femme présidente. En 2026, l’Islande est en tête du classement des pays les plus égalitaires au monde depuis 17 ans et depuis le 1er janvier 2018, la loi y rend obligatoire l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.
Une grève mondiale
Un rassemblement est prévu en milieu de journée, place du Palais de Justice à Nice, en même temps que dans 30 autres villes en France et ailleurs dans le monde.
L’appel est relayé : « C’est un mouvement joyeux et citoyen, apolitique qui se développe depuis le printemps dernier. L’idée qu’il faut retenir c’est que World With Women c’est un monde avec les femmes mais pas un monde sans les hommes. On est vraiment en train de prôner un besoin de mixité, ce n’est pas du féminisme extrême d’ailleurs le féminisme ne l’est pas et ne devrait pas être considéré comme tel. »

