Le plan d’épargne retraite (PER) pour améliorer sa retraite
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 30 juin 2026
Le plan d’épargne retraite (PER) individuel est un produit d’épargne retraite à destination des particuliers. Il remplace progressivement les autres plans d’épargne retraite. Comment fonctionne-t-il ? Quelle est sa fiscalité ? Quelles sont les modalités de sortie ? On fait le point.
Le PER est un dispositif d’épargne à long terme issu de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte. Plus simple et flexible que les autres produits, il permet d’accumuler une épargne afin de compléter ses revenus au moment de la retraite, sous forme de rente ou de capital.
Le PER se décline sous trois formes : le PER individuel, qui succède au Perp (plan d’épargne retraite populaire) et au contrat Madelin (contrat d’épargne retraite pour les travailleurs non salariés), le PER d’entreprise collectif, qui succède au Perco (plan d’épargne pour la retraite collectif), et le PER d’entreprise obligatoire, qui succède au contrat article 83 (contrat d’assurance-vie collectif souscrit par une entreprise au bénéfice de certains de ses salariés).
Le PER individuel vous permet d’économiser pendant votre vie active pour obtenir, à partir de l’âge de la retraite, un capital ou une rente. Le plan donne lieu à l’ouverture d’un compte-titres ou à l’adhésion à un contrat d’assurance de groupe. Pour ouvrir un PER individuel, vous devez être majeur. En revanche, il n’y a pas de condition de situation professionnelle ou de revenus : celui-ci est accessible aux demandeurs d’emploi, aux salariés, ainsi qu’aux travailleurs non salariés.
Il peut prendre la forme d’un compte-titres : c’est le PER bancaire, ou d’un contrat d’assurance de groupe : c’est le PER d’assurance. Le PER bancaire doit être souscrit par l’intermédiaire d’une société spécialisée, comme un établissement de crédit ou une entreprise d’investissement financier. Le PER individuel d’assurance doit être souscrit par l’intermédiaire d’une société spécialisée, comme une entreprise d’assurance, une mutuelle ou une institution de prévoyance, par exemple. Il peut également être ouvert auprès d’un fonds de retraite professionnel supplémentaire.
Contrat d’assurance et compte-titres
Bien que ces deux contrats vous permettent de constituer une épargne pour la retraite, ils ne vous donnent pas accès aux mêmes actifs. En effet, le PER d’assurance vous permet d’investir sur le fonds en euros. Le PER bancaire, quant à lui, vous permet d’acquérir des actions en direct.
Comment gérer le PER individuel ? Sauf mention contraire de votre part, la gestion des sommes versées sur le PER se fait suivant le principe de la gestion pilotée, en déléguant à un professionnel la gestion de votre épargne, en fonction de votre profil. Cela signifie que lorsque le départ en retraite est lointain, l’épargne peut être investie sur des actifs plus risqués et plus rémunérateurs. À l’approche de l’âge de la retraite, l’épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués. L’organisme gestionnaire doit vous donner, au moment de l’ouverture du PER, une information sur les caractéristiques du plan, son mode de gestion et sa fiscalité. Par la suite, chaque année, il doit vous transmettre certaines informations, comme l’évolution du compte, les performances des investissements, les conditions de transfert, etc.
Pour alimenter votre PER, vous pouvez effectuer des versements volontaires, ponctuellement ou de façon programmée. Le PER peut également être alimenté par le transfert d’autres contrats. Ainsi, en cas de transfert d’un PER d’entreprise vers un PER individuel, vous pourrez y verser les sommes issues de l’intéressement, de la participation et de l’abondement de votre employeur à un PER d’entreprise ou à un PERCO ; les sommes issues d’un compte épargne-temps (CET) et affectées à votre PER d’entreprise ; les versements obligatoires effectués sur un PER d’entreprise obligatoire ; les sommes issues de la prime de partage de la valeur ou de la prime issue du plan de partage de la valorisation de l’entreprise.
La fiscalité du PER individuel
Jusqu’à 70 ans, les sommes versées sur un PER individuel au cours d’une année sont déductibles des revenus imposables de cette année, dans la limite d’un plafond global fixé pour chaque membre du foyer fiscal. Ce plafond personnalisé applicable est indiqué sur votre avis d’impôt ; il est indexé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) en vigueur. À partir de 2026, l’utilisation des plafonds non mobilisés peut remonter jusqu’aux cinq dernières années : ainsi, vous pouvez mobiliser les plafonds de déduction non utilisés des cinq années précédentes. En revanche, la part non utilisée des plafonds des années 2024 et 2025 peut être utilisée uniquement dans un délai de trois ans. Les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs.
Le régime fiscal de la rente ou du capital est différent suivant que vous ayez déduit ou non les versements volontaires de vos revenus imposables.
En cas de décès du titulaire
– Le plan sera clôturé en cas de décès et les sommes épargnées seront reversées aux héritiers ou aux bénéficiaires que vous avez désignés dans le contrat, sous forme de capital ou de rente.
– S’il s’agit d’un plan ouvert sous la forme d’un compte-titres, l’épargne est intégrée dans la succession.
– S’il s’agit d’un plan qui a donné lieu à l’adhésion à un contrat d’assurance de groupe, les sommes épargnées doivent être reversées à vos bénéficiaires désignés dans le contrat, selon les règles de l’assurance-vie. La situation varie suivant que le décès est intervenu avant ou après 70 ans.