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Remontée du taux du Livret A à 1,7 % : les produits d’épargne réglementée restent plébiscités par les ménages

Après trois baisses successives, le taux du Livret A remontera à 1,7 % au 1er août. Une hausse qui intervient alors que le rapport annuel 2025 de la Banque de France souligne la résistance de l’épargne réglementée, dont les encours approchent les 950 milliards d’euros. Malgré la normalisation des taux, les ménages continuent d’en faire un placement de référence.

Le Livret A reprend un peu de hauteur

Après avoir été ramené à 1,5 % en février dernier, son taux sera porté à 1,7 % à compter du 1er août 2026, a annoncé ce mercredi le ministre de l’Économie Roland Lescure, sur proposition de la Banque de France. Le LDDS suivra la même évolution. Le LEP, lui, restera rémunéré à 2,5 %. Cette revalorisation, la première depuis 2023, intervient alors que le regain d’inflation a conduit à réviser à la hausse la rémunération de l’épargne réglementée.
La hausse est modeste, mais elle rompt avec un mouvement de baisse engagé depuis le début de 2025. Le taux du Livret A était alors passé de 3 % à 2,4 % en février 2025, puis à 1,7 % en août de la même année, avant de tomber à 1,5 % en février 2026. Le nouveau taux, qui s’appliquera au début du mois prochain, marque ainsi un retournement de tendance dans un environnement monétaire désormais moins linéaire.

Près de 950 milliards d’euros d’encours

Cette remontée intervient au moment où la Banque de France présente son rapport annuel 2025 sur l’épargne réglementée. Le constat est sans ambiguïté : malgré la normalisation des taux d’intérêt et un ralentissement des flux après les niveaux particulièrement élevés enregistrés entre 2022 et 2024, les produits réglementés continuent de bénéficier d’une forte confiance des ménages.
Les encours ont atteint près de 950 milliards d’euros fin 2025, dont environ 440 milliards pour le seul Livret A. Les flux ont certes ralenti, notamment au profit de l’assurance-vie, mais ils sont restés positifs sur le Livret A, le LDDS et le LEP, soutenus en partie par la capitalisation des intérêts.

Le Livret A conserve surtout une caractéristique rare dans le paysage financier français : son caractère quasi universel. 83 % des Français en détenaient un à fin 2025, confirmant son statut de socle de l’épargne de précaution. Derrière cette apparente uniformité se cachent toutefois des usages différents selon les situations patrimoniales : réserve de sécurité pour les uns, outil d’accumulation pour les autres.

Le LEP poursuit sa conquête des ménages modestes

Le rapport met également en évidence la progression continue du Livret d’épargne populaire. Le LEP compte désormais plus de 12 millions de détenteurs, contre 7 millions en 2020. Les campagnes d’information et les mesures destinées à faciliter l’accès à ce produit ont contribué à élargir sa diffusion.
Sa rémunération, maintenue à 2,5 % au 1er août, restera supérieure à celle du Livret A. Cette différence reflète la vocation spécifique du LEP : préserver davantage le pouvoir d’achat de l’épargne des ménages les plus modestes. Dans un contexte où le Livret A retrouve un rendement de 1,7 %, le LEP demeure ainsi le produit réglementé le mieux rémunéré pour les épargnants éligibles.
L’épargne réglementée ne se résume pas à une réserve de liquidités
Au-delà de la rémunération servie aux épargnants, le rapport de la Banque de France rappelle la fonction économique de cette épargne. Les dépôts collectés ne restent pas inactifs : ils alimentent notamment les financements du Fonds d’épargne géré par la Caisse des dépôts.
En 2025, celui-ci a accordé 41,6 milliards d’euros de nouveaux prêts, soit une progression de 49 % sur un an. Le logement social et la politique de la ville en ont représenté 22,9 milliards, permettant notamment la construction ou l’acquisition de plus de 123.000 logements sociaux, en hausse de 7 % sur un an.
Le Fonds d’épargne a également consacré 9,3 milliards d’euros à de nouveaux usages, notamment au refinancement de prêts bancaires liés à la transition écologique. Dans le même temps, les banques ont accru de 9 % leurs nouveaux crédits aux PME grâce aux ressources conservées à leur bilan. Les encours de prêts destinés aux travaux de rénovation énergétique des bâtiments anciens ont, eux, progressé de 21 % sur un an.

Un placement refuge qui retrouve un peu de rendement

La remontée du taux du Livret A à 1,7 % ne bouleverse donc pas la hiérarchie des placements. Elle vient plutôt conforter un produit dont la fonction première reste la liquidité et la sécurité du capital. Dans un contexte de normalisation des taux, les ménages ont certes recommencé à arbitrer une partie de leur épargne vers des produits de long terme, notamment l’assurance-vie. Mais le Livret A conserve une place à part.
La hausse annoncée pour le 1er août apporte ainsi une réponse limitée mais symbolique au regain d’inflation. Elle rappelle surtout que, même lorsque sa rémunération baisse, l’épargne réglementée conserve un avantage structurel : elle combine disponibilité, simplicité et exonération fiscale, tout en contribuant au financement du logement social, des PME et de la transition énergétique. Un modèle qui explique pourquoi, près de deux siècles après sa création, le Livret A reste le placement de référence des Français.

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