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Une entreprise lance un « prototest » face à la multiplication des interdictions

Alors que les interdictions de consommation de protoxyde d’azote se multiplient cet été, une société aixoise propose un test de dépistage inédit.

La consommation de protoxyde d’azote, ou « gaz hilarant », est devenue un enjeu de santé et de sécurité publique majeur durant la période estivale. Face à l’explosion des usages récréatifs sur les plages, dans les festivals et les rassemblements, de nombreuses préfectures et municipalités ont pris des mesures d’interdiction. Problème : aucun outil de dépistage n’accompagne ces décisions, laissant les forces de l’ordre démunies. Pour combler ce vide, la société française Olythe, basée à Aix-en-Provence, a développé OCIN2O, un dispositif de détection se voulant l’équivalent de l’éthylotest pour le protoxyde d’azote.

Des interdictions locales

Les initiatives locales se sont multipliées pour endiguer le phénomène. À Strasbourg, la mairie a interdit en juin 2026 la consommation sur la voie publique après avoir ramassé 17 tonnes de cartouches et bonbonnes en 2025. Des communes comme Taverny (Val-d’Oise) ou Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime) ont pris des arrêtés pour la période estivale. Les préfectures du Puy-de-Dôme et de la Loire ont également réglementé la détention, la vente ou la consommation, notamment nocturne. Ces mesures, bien que nécessaires, soulignent l’urgence de disposer d’outils de contrôle efficaces sur le terrain.
Sur le plan national, la loi « RIPOST », définitivement actée le 22 juillet dernier, durcit la législation avec des peines allant jusqu’à trois ans de prison et 9 000 euros d’amende pour conduite sous emprise. Elle prévoit aussi une interdiction de la vente aux particuliers à partir du 1er février 2027. Cependant, le texte présente une faille majeure : il ne prévoit aucun moyen de dépistage objectif. La constatation de l’infraction routière repose sur une appréciation « manifeste » de l’agent, une approche subjective et difficile à matérialiser. Un amendement visant à introduire un test de dépistage a été rejeté, laissant les forces de l’ordre sans solution technique pour faire appliquer la loi.
C’est pour répondre à ce besoin qu’Olythe a mis au point OCIN2O. Ce dispositif portatif utilise une technologie de spectroscopie infrarouge non dispersive (NDIR) pour cibler la molécule de N2O dans l’air expiré. Selon l’entreprise, le test, qui dure une minute, permet de détecter une consommation jusqu’à quatre heures après l’inhalation, une fenêtre de temps jugée compatible avec les contrôles routiers ou lors d’événements festifs. La solution a déjà été expérimentée par des polices en Belgique et au Danemark et est en cours d’évaluation au Royaume-Uni et en Irlande. S’appuyant sur des données scientifiques récentes, Olythe affirme que la détection du gaz dans l’air expiré est désormais un fait établi.

Un outil de prévention « made in France »

Conçu et fabriqué à Aix-en-Provence, OCIN2O a reçu en 2026 la Médaille d’or du Concours Lépine, décernée par le ministère de l’Intérieur, ainsi que le Prix de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Pour ses concepteurs, l’ambition est claire : positionner leur innovation comme le futur standard de la prévention. «  Interdire le protoxyde d’azote l’été, préfecture après préfecture, commune après commune, c’est une réponse d’urgence légitime. Mais sans outil de contrôle, ces arrêtés resteront aussi difficiles à faire respecter que la loi RIPOST elle-même. Avec OCIN2O, conçu et fabriqué en France, nous voulons faire de la détection du protoxyde d’azote ce que l’éthylotest a été pour l’alcool : un outil de prévention simple, reconnu et disponible partout », déclare Guillaume Nesa, cofondateur d’Olythe.

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