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6 décembre 2019

Intempéries : l'heure (...)
Intempéries : l'heure des questions à se poser pour la sécurité des biens et des personnes...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Lundi matin, le soleil s’est levé sur un spectacle de désolation dans l’ouest du département. En quelques heures, il est tombé l’équivalent de deux mois de précipitations sur Cannes et Mandelieu-la-Napoule, les deux communes les plus touchées par cette nouvelle "vague" d’intempéries. Pour les habitants, pour les entreprises une nouvelle fois submergées par l’eau et la boue, l’heure était davantage au fatalisme et au découragement qu’à la colère.
Sinon par leur intensité et leur force, ces événements n’ont plus rien d’exceptionnel. Ils deviennent "réguliers".

C’est là le principal problème, puisque l’on aura beau créer des PAPI (Programmes d’Actions de Prévention des Inondations) et réaliser des travaux gigantesques, la nature que l’on a tellement malmenée restera la plus forte.
Jusqu’à quand les assurances prendront-elles en charge des dégâts qui se répètent tellement qu’ils n’ont plus rien des risques imprévisibles et aléatoires ? Faudra t-il se résoudre à "abandonner" des quartiers entiers ? Comment protéger les voiries et les maisons alors que les sols sont imperméabilisés ?

Mandelieu : on a craint le pire ce dimanche... (DR)

On ne passera pas à côté de ces réflexions dans les années à venir. Dans les A-M, la prévention a sans doute permis d’éviter le pire, les pertes humaines, alors que nos voisins varois sont une fois de plus dans le deuil.
Dans le parc d’activité de la Siagne à Mandelieu, il ne fait pas de doute que des entreprises resteront sur le carreau. Son président, Pascal Peretti, estime les dégâts à 24 M€, alors que les sinistrés de 2015 n’ont pas encore tous été remboursés.
Ailleurs, des particuliers venaient juste de terminer le nettoyage après les inondations de la semaine dernière. Tout est à recommencer. Jusqu’à quand ?

10 millions pour les sinistrés

Prévue initialement à 7M€ après le premier épisode, dont 5M€ pour les collectivités, le Conseil départemental vient de porter à 10 millions l’enveloppe qui sera attribuée pour venir en aide aux sinistrés. Elle sera votée le 13 décembre.
Cela s’ajoute aux interventions sur le terrain des agents - 150 du service des routes et de Force 06 étaient encore à pied d’œuvre en début de semaine.
"L’heure est au diagnostic, à la reconnaissance et à la remise en état. Il y a des travaux en attente à cause de procédures, il faut que le Gouvernement accélère ces processus administratifs souvent bien trop longs. J’appuierai ces demandes des maires auprès des plus hautes autorités" indique Charles-Ange Ginésy.
De son côté, la Chambre de commerce et d’industrie a mis en place un numéro unique, le 04 93 13 75 73, destiné à un premier accompagnement pour recenser les entreprises sinistrées et les renseigner sur les différentes démarches à suivre.

A8 : signal d’alarme !

"Ces deux épisodes nous montrent la nécessité de se réinterroger sur l’ensemble des procédures du Plan Communal de Sauvegarde" indique Guilaine Debras, maire de Biot. "Ils sont éclairants sur un enjeu majeur, que je n’ai de cesse de dénoncer, le sous-dimensionnement des buses de l’autoroute A8. Le constat est sans appel : même sans embâcle et avec une crue moyenne, la section des buses est insuffisante pour absorber le volume des cours d’eau en crue dans la plaine de la Brague provoquant une montée des eaux dans des zones habitées ainsi que des inondations de l’autoroute et le report des véhicules sur des itinéraires en zones sensibles. C’est une question majeure qui doit être traitée de toute urgence".

Photo de Une : Charles-Ange Ginésy s’est rendu dans les communes sinistrées. DR

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