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9 mai 2019

Quand le maintien de (...)
Quand le maintien de l'ordre fait quelque peu... désordre
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Après l’épisode - au choix : scandaleux ou grotesque - de la vraie fausse attaque du service de réanimation de l’hôpital de la Salpétrière à l’occasion du 1er mai, Christophe Castaner s’est retrouvé une nouvelle fois sous le coup de vives critiques pour sa gestion des forces de l’ordre et pour sa communication.
Presque témoin de "l’invasion" - il s’était rendu à l’hôpital au chevet d’un policier blessé au visage par un pavé - il a réagi en quasi direct devant les médias sans filtre ni précaution d’après des informations qui lui avaient été transmises par la direction de l’hôpital.
Que des zozos aient forcé un portail de la Salpétrière et tagué quelques murs à l’intérieur de l’établissement de soins en dit malheureusement long sur la perte de repères de certains. Ce fut comme un très mauvais remake de "Britannia Hospital", film parodique des années Thatcher, où l’on voyait des manifestants défiler avec des banderoles dans les blocs opératoires...
Mais à Paris, il semble bien que la grande majorité des personnes agglutinées devant l’entrée du service de réanimation tentait surtout d’échapper à... une charge de police, et qu’ils n’avaient rien trouvé d’autre que cet espace pour se mettre à l’abri.
Les enquêtes en cours diront, peut-être, qui a vraiment fait quoi. Mais en attendant, les politiques de tous bords, et Jean-Luc Mélenchon en particulier, ont saisi cette occasion pour tambouriner bruyamment aux oreilles du ministre de l’Intérieur obligé, quelques jours après, de faire un rétropédalage sur ses accusations un peu hâtives, en tous cas partiellement fausses.
Un CRS qui lance un pavé (c’est le monde à l’envers). Un autre qui fourre sa matraque dans le pantalon d’un manifestant (désolant bis repetita, après l’interpellation de Théo à Aulnay-sous-Bois en 2017). Des journalistes et des "street medics" molestés alors qu’ils sont facilement identifiables par leurs brassards et leurs tenues. Des tirs de LBD avec des gens éborgnés. Des charges disproportionnées par rapport à la dangerosité supposée des manifestants (on pense à la place Garibaldi de Nice où une dame de 73 ans, vociférante mais pacifique, a été blessée : il suffit de regarder les images pixel par pixel pour le constater)... Il y a, c’est certain, des loupés dans les conditions du maintien de l’ordre que la fatigue des "troupes", bien réelle, ne saurait excuser.
Même si la tâche est difficile, après vingt-cinq semaines de "chienlit" dans les rues de Paris, le bilan est globalement désolant. On ne peut que redouter "l’incident" de trop, que recherchent certains.
La situation est d’autant plus préoccupante que l’on a l’impression que le "noyau dur" des manifestants n’a aucune intention de rester à la maison le week-end, qu’il est imperméable à tout dialogue, qu’il ne prend pas en compte les 18 à 20 milliards de mesures qu’Emmanuel Macron a pourtant lâchés.
Alors que, dans les mains du président, les manettes ne réagissent toujours pas, on se demande jusqu’où voudront aller les jusqu’au-boutistes.

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