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15 avril 2019

Sébastien Leroy : continue
Sébastien Leroy : continuer à investir malgré le manque de visibilité...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Avocat de profession, le maire de la cité littorale plaide pour une plus grande écoute des besoins des élus de terrain et critique l’action de l’État.

La période est difficile, beaucoup de maires ont le blues. Quelle est votre analyse de la situation ?


Avec les réformes, on ne sait pas où l’on va. Aujourd’hui, la situation financière de la commune s’est considérablement dégradée puisque l’état nous a privés de 40 millions depuis 2014 sous forme de prélèvements, d’amendes SRU, de baisses de la dotation globale de fonctionnement, de péréquation intercommunale, etc. Par exemple, la DGF qui était de 6 millions en 2013 est, cette année, d’environ 500 000 euros seulement. Nous nous adaptons, en considérant dès à présent qu’elle disparaîtra d’ici un an...
La disparition de la taxe d’habitation est aussi un sujet d’inquiétude ?
Elle représente pour Mandelieula-Napoule une recette de 20 millions par an. Or nous sommes déjà en avril, et nous ne savons toujours pas comment le gouvernement va faire pour la compenser ou la remplacer : on ne peut qu’être extrêmement inquiet pour l’avenir !

Ces baisses de "recettes" se traduisent-elles par moins de services communaux ?

Non, nous avons décidé de ne pas réduire les prestations et, tant que faire ce peut, de ne pas toucher à l’investissement. Nous avons réalisé des efforts considérables en interne, d’abord en n’augmentant pas les taux d’imposition depuis dix ans et en réussissant à baisser de 6 millions par an nos dépenses de fonctionnement. Des postes ont été supprimés : il y avait plus de 600 agents en 2012, nous sommes aujourd’hui à 550. Sur le précédent mandat, la commune a investi 120 millions en six ans et nous arriverons au même montant sur celui-ci. Mais, pour le mandat suivant, à partir de 2020, il nous faudra un prévisionnel d’investissement forcément plus bas.
Nous sommes gouvernés par des gens qui font de la politique au jour le jour, qui ne savent pas où ils vont. Cela aura des conséquences considérables sur l’investissement dans notre pays. C’est dramatique, mais je constate chaque jour que lorsque l’on n’a aucune expérience de terrain et d’élu local, on fait beaucoup d’erreurs lorsque l’on gouverne le pays.

Quelles sont les enseignements de la consultation citoyenne ?

Nous avons ouvert des cahiers de doléances, mais je n’ai pas voulu organiser de débat parce que je considère que c’est une mascarade de communication, et que je n’ai aucune garantie sur le traitement et l’analyse des contributions. Ce Grand Débat a été sorti du chapeau pour gagner du temps. On voit bien maintenant que le gouvernement ne sait pas trop comment sortir de cette consultation.

Sur les cahiers de doléances, quels sont les thèmes les plus présents ?

Ce sont surtout les impôts et les enjeux de sécurité qui ressortent. Si nous appliquions à Mandelieu-la-Napoule les taux de la moyenne de notre tranche, je ferais rentrer 6 millions d’euros supplémentaires, mais le citoyen ne supporte plus la pression fiscale. Le problème, c’est que l’on va baisser l’investissement pour ne pas augmenter les taxes. Cela aura donc des répercussions sur les entreprises et l’emploi. N’oublions pas que les collectivités locales sont les premiers donneurs d’ordre en France.

Vous évoquez également la sécurité...

Beaucoup de nos citoyens ne comprennent pas l’absence de fermeté de l’état sur des problèmes récurrents d’insécurité, sur les multirécidivistes qui restent en liberté, sur des gens du voyage qui s’installent sur des terrains et s’en vont "merci et au revoir" sans que personne n’intervienne. Il y a une absence totale de vraie répression. J’ai l’exemple récent d’une personne de 22 ans arrêtée avec un couteau, qui a déjà été interpellée 25 fois, qui menace de mort des gendarmes, et qui repart libre... C’est incompréhensible et surtout anormal.

Le tour de ville


- Bus à haut niveau de services
 :
Ce projet se développe sur les cinq communes de l’intercommunalité. C’est un succès, avec +5% de passagers par an. Pour accompagner ce projet structurant, la commune réalise les jonctions entre le centre- ville et les quartiers des Tourrades et Capitou. Une nouvelle gare routière va être construite dans le centre, (début des travaux imminent, livraison en fin d’année).

- Centre-ville : Les entrées de la commune sont refaites, le mobilier urbain changé. La requalification entamée il y a plusieurs années se poursuit.

- Voirie : Il y a 93 kilomètres de routes sur la commune. Des tronçons entiers sont à refaire - ainsi que les réseaux - et un plan pluriannuel de plusieurs millions d’euros est engagé. Un grand plan vélo est en cours de déploiement.

- Sécurité : Un lecteur automatisé de plaques d’immatriculation a été disposé à chaque entrée de ville. Son but n’est pas de verbaliser les infractions mais d’enregistrer tous les véhicules qui entrent et sortent de la commune. Ces données ne sont exploitables que par des OPJ. C’est une aide pour les enquêtes judiciaires.

- Flowell  : C’est une innovation de l’entreprise Colas qui teste en conditions réelles à Mandelieu-la-Napoule le premier prototype de passage
piéton "lumineux" développé en milieu urbain.

- Charançon rouge  : La sale bestiole s’attaque aussi à d’autres espèces que le palmier, comme le laurier. Une nouvelle technologie mise au point à Mandelieu-la-Napoule va être testée. Elle consiste en un détecteur
sismique qui capte les vibrations créées par l’insecte, ce qui permet de traiter de façon ciblée sur l’arbre infesté à un stade précoce, d’où plus d’efficacité et d’économie qu’un traitement généralisé à l’aveugle.

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