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16 mai 2019

Environnement : l'art de
Environnement : l'art de se tirer une balle (de gros calibre) dans le pied...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

L’homme pourrait être responsable de sa propre disparition en surconsommant
es réserves naturelles et en déréglant le climat. Les traités internationaux ont peu d’effets...

Surexploitation

Depuis 1970, la terre a perdu 58% de ses espèces sauvages (source : WWF)
et ce n’est malheureusement pas terminé puisque l’on nous promet une extinction de masse dans les prochaines décennies.
Un constat accablant, sur lequel les politiques ont peu d’emprise puisque
les richesses de la planète sont surexploitées par des intérêts privés voraces qui bénéficient de fait de la dilution des responsabilités, de lois protectrices insuffisantes quand elles ne sont pas bafouées sans vergogne...

Traités de peu d’effet

Même Nicolas Hulot, qui était d’un bel optimisme et le ministre le plus apprécié du gouvernement, a jeté l’éponge car il ne réussissait pas à peser suffisamment face aux intérêts économiques. Si la France est déjà impuissante chez elle à inverser la courbe, que dire à l’international avec des traités qui dépassent rarement les bonnes intentions. "Notre attitude de dominer la nature mène à sa propre catastrophe" résume l’astrophysicien Hubert Reeves.

Il faudrait 2,8 planètes

Quand on dépasse les bornes...
Le "jour du dépassement", qui est celui où nous avons consommé les richesses naturelles renouvelables, a été fixé au 10 mai pour l’Europe et au 15 mai pour notre pays (contre le 5 mai l’an passé)... Le rapport de WWF et de l’ONG Global Footprint Network rappelle que si l’humanité consommait autant que les Européens, "il faudrait 2,8 planètes Terre pour satisfaire tout le monde". L’Europe ne représente que 7% de la population mondiale, mais consomme 20% de la "biocapacité" de la Terre.

Modes de vie

Nous voici donc devenus les "égaux" des Américains dont nous critiquions il y a encore peu un mode de vie faisant la part trop belle au gaspillage.
Malgré les "économies" revendiquées par les politiques publiques, nos besoins en énergie ne cessent de croître, surchargeant l’atmosphère de CO2, tandis que la sur- consommation épuise la terre et les océans. Pour ne rien dire du dérèglement climatique...

Extinctions naturelles ou pas...

Ce n’est pourtant pas la première fois que notre planète est confrontée à une extinction massive. Depuis 500 millions d’années, elle a vécu cinq épisodes pendant lesquels la moitié des créatures vivantes aurait été éradiquée, dont la disparition des célèbres dinosaures qui a marqué les esprits. Plus de 90% des organismes qui ont un jour marché, nagé, volé ou rampé ont aujourd’hui disparu, mais c’est la première fois que l’homme en porte la responsabilité...

Anthropocène

Nous avons donc atteint "l’anthropocène", nouvelle ère géologique qui voit les activités humaines modifier les cycles chimiques et biologiques de la planète. Effet de serre, acidification des océans et surpêche, disparition de la biodiversité. Dont les insectes, menacés par les pesticides...

Logique de développement

Charbon, pétrole, industrialisation, guerres, nucléaire, déforestation, usage immodéré de la chimie sur la nature : le constat est cruel mais connu de tous. "La maison brûle" affirmait Jacques Chirac il y a déjà 20 ans, et nous continuons "à regarder ailleurs" puisqu’à l’échelle planétaire les États, pris chacun dans leur logique de développement et de croissance, ne réussissent pas à s’entendre sur un programme minimum...

Inverser la tendance

Faut-il désespérer ? Si l’on considère que la terre portera 10 milliards
d’individus en 2050 qui voudront tous une voiture, un portable, la climatisation... c’est plutôt mal engagé. Des progrès techniques pourront certes aider, mais le challenge est immense et dépasse largement
les générations actuelles.
Pour la première fois, la survie de l’homme est menacée, et par sa faute.
Question : serons-nous assez sages pour inverser la tendance ?
Réponse d’ici un siècle...

Photo de Une (illustration DR)

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