Fuite des cerveaux : (...)

Fuite des cerveaux : une situation plus complexe qu’il n’y paraît

Les étudiants et les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à vouloir vivre une expérience à l’étranger. Mais le chiffre des départs et des retours est imprécis...

Plutôt casaniers
Contrairement à une idée reçue, les Français s’expatrient beaucoup moins que leurs voisins. Ainsi, nous ne serions que 2 millions à être partis vivre et travailler à l’étranger, alors que les Italiens sont 3,6 millions, les Allemands 4,2 millions et les Britanniques 5 millions. Mais ce chiffre n’est qu’une estimation car il n’existe pas de fichier ou d’outil fiable pour un décompte précis.

Une tendance de fond
Selon une étude (2014) menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, le nombre de départs pour l’étranger a augmenté chaque année depuis dix ans de + 3 à + 4%. Ainsi, ils seraient actuellement de 60 à 80 000 à tenter leur chance loin de la mère-patrie. La première destination choisie par nos compatriotes est l’Angleterre, Londres en particulier, qui avec 300 000 nationaux serait la 5ème ou 6ème ville « française » à égalité avec... Nice.

Les raisons de l’envol
Outre l’envie de découvrir de nouveaux horizons, courante lorsque l’on finit ses études ou plus tard lorsque l’on veut se créer une nouvelle vie, les raisons du départ sont souvent psychologiques : le chômage persistant créé une morosité, une perte de confiance dans l’avenir... que démentent pourtant les faits.

Les destinations
Outre l’Angleterre, l’Australie, le Canada, les Etats-Unis et même les pays du golfe persique tentent les jeunes Français qui veulent y vivre une expérience de plusieurs années avec l’idée, pour les plus chanceux, de se créer un bas de laine avant de revenir. L’Amérique latine est aussi une destination prisée.

La France attractive
Dans le même temps, notre pays est la 3ème destination choisie par les étudiants étrangers qui rêvent de s’installer au pays du champagne, des châteaux et du fromage pour y suivre leur cursus et y travailler...

Profils
Ce sont surtout des jeunes diplômés qui prennent leur billet d’avion pour de nouveaux horizons : 53% sont au moins à niveau bac + 3. Parler de « fuite des cerveaux » paraît exagéré, même si des jeunes à haut potentiel sont évidemment accueillis à bras ouverts dans des pays comme les Etats-Unis qui ont une politique d’immigration ciblée et de gros moyens pour les intégrer dans leurs programmes de recherches.

Commission d’enquête
La commission d’enquête qui a travaillé sur le sujet a accouché d’une souris. Alors que Luc Chatel (Les Républicains) considère qu’il y a un « vrai problème » avec le départ des jeunes (ainsi que ceux des exilés fiscaux et des centres de décision de grandes entreprises), le rapporteur Yann Galut (PS) a lui estimé qu’il n’y a pas péril en la demeure et que ce phénomène est une manifestation supplémentaire de la mondialisation.

Etudiants voyageurs...
Créé en 1987, commun aux 28 Etats membres, le programme européen ERASMUS per- met chaque année à 250000 étudiants d’aller se frotter à leurs collègues d’autres pays. Apprentissage d’une langue, perfectionnement dans un domaine, ouverture d’esprit sont les principales qualités reconnues par ceux qui ont fait le voyage. Dans le cursus des grandes écoles, des stages – parfois longs – sont obligatoires et... lointains.

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