Vence : « Remettre de l’humain dans les champs »


Aménagement du territoire


29 août 2025

Dossier - Vence renaturation - La ville de Vence mène de front plusieurs projets pour créer des zones naturelles à l’usage des Vençois

« J’aimerais montrer qu’on peut produire mieux et meilleur. » Cela fait seulement quelques mois qu’Adrien Goffoz peut se dire maraîcher à Vence. Il a l’eau depuis peu sur les 5000 m² du chemin des Colles.


« J’aimerais montrer qu’on peut produire mieux et meilleur. »

Cela fait seulement quelques mois qu’Adrien Goffoz peut se dire maraîcher à Vence. Il a l’eau depuis peu sur les 5 000 m² du chemin des Colles. À la tête d’une entreprise de jardins, le quadragénaire a toujours voulu trouver une parcelle de terrain. «  Ici, la pression foncière est si importante. Par exemple dans le Beaujolais, une terre agricole se vend pour 90 centimes du m² alors que dans le coin c’est 15 euros et ça peut monter jusqu’à 20 voire 22 euros du m². Quand il y en a, car parfois les gens attendent pour la vendre en espérant que ça devienne constructible. Quand je présentais mon projet, les mairies étaient toujours enthousiastes mais il n’y avait pas de terrain. J’ai arrêté de chercher et puis le jour de l’accouchement de ma femme, j’apprends que je peux exploiter une terre. » 15 000 m² en tout dans deux quartiers différents de Vence alloués par la mairie pour un loyer annuel de 6 000 euros.

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Du bio pour les locaux

« Je vais faire de la permaculture intense. Beaucoup de légumes au m². Cela permet d’avoir de gros rendements sur de petites surfaces et, du coup, de se passer de produits phytosanitaires et de grosses machines. Pour 1 000 m² on produit autant que sur 10 000 m² de culture intensive normale en grand champ. » Ce diplômé du lycée horticole d’Antibes veut limiter la consommation d’eau avec l’utilisation du goutte à goutte. En été, plusieurs variétés de tomates, de courgettes, d’aubergines, des melons, des concombres, et en hiver, les poireaux, butternuts et autres légumes de saison pour faire des paniers et vendre sur le marché de Vence quand les quantités seront au rendez-vous. « Sur 1,5 hectare, si on arrive à faire 100 tonnes par an cela sera vite écoulé. De toute façon, je ne veux pas que mes légumes fassent des kilomètres, je ne vais pas les envoyer au MIN (marché d’intérêt national). Le but c’est d’être le plus bas carbone possible, le plus sain. »

Adrien Goffoz espère que cette démarche n’est qu’une première pierre qui permettra à d’autres de suivre. « Je souhaite développer un autre modèle, d’autres solutions par rapport aux grandes cultures intensives et également remettre de l’humain dans les champs. Et le seul effort n’est même pas financier pour les gens, car on ne sera pas plus cher, il est juste de se déplacer, d’aller à la ferme et de prendre le temps. »
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Marine Einaudi