Vence : « un projet (…)

Vence : « un projet global de renaturation de la ville »

La ville de Vence affiche la volonté de valoriser ses espaces verts en menant de front plusieurs projets pour essayer d’améliorer la sécurité alimentaire et créer des zones naturelles à l’usage des Vençois

Le Pra Julian : un espace à aménager naturellement

« Ce terrain, c’est vraiment la preuve que quand l’humain n’occupe plus l’espace, la nature
reprend tous ses droits très rapidement et ça, c’est rassurant
. » Hélène Brassart, adjointe chargée de l’Environnement à la mairie de Vence constate le retour d’une faune abondante sur les terrains désormais vierges du Pra Julian.

©ME

À l’hiver 2000, le secteur a subi un important glissement de terrain vers la Lubiane. À la suite de nombreuses études, les experts ont conclu qu’une zone comprenant 33 villas était menacée, rendant la présence d’habitations dangereuse. L’épilogue de cette catastrophe naturelle s’est traduit, au fil des années, par le rachat et la démolition des maisons, subventionnés à hauteur de 50 % par le fonds Barnier. Aujourd’hui le Pra Julian est une zone classée non constructible au Plan de prévention des risques naturels majeurs. Dans « notre projet global de renaturation de la ville, cet espace a tout naturellement trouvé sa place. C’est tellement rare de récupérer 5,7 hectares de terrain sur la Côte d’Azur, à vol d’oiseau du centre-ville.  »
Hélène Brassart travaille sur l’aménagement et le zonage depuis près de deux ans avec différents conseils et notamment la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). Il faudra tenir compte des risques naturels et de ce fait le terrain ne pourra pas être exploité de la même façon sur toute sa superficie. «  Sur les 4 hectares de la zone dite basse, la plus à risques, on ne pourra pas ouvrir au public. Du coup l’objectif est d’en faire un espace 100 % naturel entretenu par des ânes. Sur 4 000 m² « test » sera planté un verger qui, à terme, pourra être agrandi une fois que le reste des terres aura été réamendé pour refertiliser les sols. L’idée serait d’alimenter les cantines de Vence en fruits bio et locaux. Sur la partie haute, de plus d’un hectare, il est prévu d’en faire un havre de paix, d’offrir une pause nature aux Vençois pour observer la biodiversité, en partenariat avec la LPO, et l’aménagement d’équipements sportifs qui ne dénaturent pas les lieux. »

Les autres points verts en cours de réalisation

La revégétalisation du centre-ville est en marche avec notamment la destruction de plusieurs édifices qui ne seront pas reconstruits mais remplacés par 1 000 m² de parc et jardin en lieu et place de l’ancien Bar de l’étoile. Face à la médiathèque, une zone va être déminéralisée pour y implanter un jardin thérapeutique et une aire de jeux. Dans le même temps, la végétalisation des cours des écoles se poursuit.

©Marine Einaudi

La sécurité alimentaire

Particulièrement concernées par la diminution du nombre d’exploitations agricoles, les Alpes-Maritimes font figure de mauvais élève en la matière. Alors que dans les années 1970, le département pouvait nourrir 70 % de sa population, en 2006, ce taux était tombé à 25 %. Aujourd’hui, l’autonomie alimentaire du département n’est plus que de 1 %. «  Il y a une urgence vitale à réinstaller des agriculteurs sur la commune pour regagner un peu d’autonomie alimentaire, assure Hélène Brassart. Nous sommes à l’affût pour trouver des terrains mais on est face aux contraintes du territoire (terrains pentus) et surtout le prix. La mairie a pu racheter 15 000 m² de terrain pour y installer un agriculteur en bio et nous avons mis à disposition d’autres terrains communaux dans la forêt pour une chevrière. » En mars 2025, une nouvelle législation a été adoptée afin de ralentir la disparition progressive des terres agricoles en France, mais également pour renforcer la régulation des prix du foncier.

Photo de Une ©Marine Einaudi