20 mars 2026
Publication proposée dans le cadre du Master 2 Droit de la Santé et du Risque Social
La question de l’avenir patrimonial d’un enfant en situation de handicap devient primordiale lorsque les parents viennent à disparaître ou sont dans l’incapacité de s’occuper de leurs enfants. La situation d’un enfant handicapé fait qu’il aura besoin d’un soutien financier parfois à vie en raison des soins continus et élevés. L’objectif des parents de l’enfant reconnu administrativement handicapé, qu’il soit mineur ou majeur, va être de trouver des solutions assurantielles afin de garantir son avenir en lui assurant une sécurité financière sans compromettre ses aides sociales (AEEH ou AAH, PCH, APA, etc.).
Par Mathéo Pierrès,
Étudiant Master 2 Master 2 Droit de la Santé et du Risque Social, Université Côte d’Azur
Membre de l’AFJE06
Publication proposée dans le cadre du Master 2 Droit de la Santé et du Risque Social à l’Université Nice Côte d’Azur
Les enjeux sont donc de transmettre et de préserver un patrimoine et la loi prévoit à cet effet deux contrats d’assurance qui sont spécifiquement dédiés à la protection de l’avenir de l’enfant handicapé :
– D’une part, le contrat d’épargne handicap est un contrat d’assurance-vie adapté aux personnes en situation de handicap rendant impossible le travail dans des conditions normales de rentabilité. Il peut être souscrit dès l’âge de 16 ans au nom de l’enfant handicapé par son représentant légal. Ce contrat permet de constituer un capital ou une rente viagère, après un certain délai (6 ans au minimum), au profit de l’enfant handicapé. Le capital n’est pas pris en compte pour le calcul de l’AAH et la rente issue du contrat n’a qu’un impact limité sur cette allocation.
– D’autre part, le contrat de rente survie est un contrat de prévoyance destiné à protéger financièrement une personne en situation de handicap. Il est souscrit par un proche qui verse des cotisations afin qu’en cas de décès, l’enfant puisse percevoir un capital ou une rente viagère. La rente ou le capital qui est versé n’est pas pris en compte dans le calcul des aides sociales destinées aux personnes handicapées.
Ces contrats permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt de 25 % des primes versées, dans la limite d’un plafond annuel de 1 525 € majoré de 300 € par enfant à charge. Il est tout à fait possible, et même conseillé de souscrire ces deux contrats pour une sécurité financière complète.
Les instruments actuels pour protéger les enfants handicapés restent limités car ils nécessitent des cotisations malgré les difficultés financières ou physiques des parents. Une réforme pourrait permettre de neutraliser complètement l’impact du capital ou de la rente sur le calcul des aides sociales et d’étendre la rente survie à l’invalidité partielle ou à une forte dépendance des parents.
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Mathéo Pierrès