Roquefort-les-Pins - Ewan Corinaldesi : le maire étudiant


Politique


5 juin 2026

Ewan Corinaldesi est devenu maire à 20 ans : son âge a depuis fait les gros titres de la presse.

Il y a un peu plus d’un an, Ewan Corinaldesi remportait le concours d’éloquence Nikaïa. L’étudiant en droit confiait alors aux Petites Affiches son envie de faire de la politique et déclarait : « Un mandat de maire ne serait pas pour me déplaire. »
La petite phrase prononcée avec malice par le futur candidat a fait le tour de Roquefort-les-Pins. Et voilà que le vœu formulé dans l’amphithéâtre du CUM fut exaucé au soir du second tour des municipales de 2026.

Le statut d’élu étudiant

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Ewan Corinaldesi est devenu maire à 20 ans : son âge a depuis fait les gros titres de la presse. Ce que l’on sait moins, c’est que le premier magistrat de Roquefort-les-Pins est toujours étudiant en deuxième année de droit et qu’il envisage de poursuivre sa scolarité : «  Je veux être maire et étudiant, car à mes yeux la fonction de maire doit rester une fonction et non pas devenir un métier. Si on arrête ses études, ça veut dire qu’on vit de la politique ; or, je souhaite exercer ce mandat en totale indépendance, donc conserver une formation à côté. » L’Association des jeunes élus de France (AJEF) se bat depuis plusieurs années pour que la loi permette le renouvellement démocratique entre les générations ; sa proposition de créer un statut d’élu étudiant a finalement été prise en compte en décembre dernier. «  C’est une mesure dont je vais pouvoir bénéficier, se réjouit Ewan Corinaldesi. L’an prochain, j’aurai la possibilité de diviser par deux le nombre de matières et de multiplier par deux le nombre d’années ; en fait, je doublerai chaque année d’études. Ce qui fait une fin de cursus dans 7 ans, à la fin de mon mandat. »
Auparavant, des aménagements existaient pour les sportifs de haut niveau, pour les artistes, mais rien pour la politique ; c’est chose faite : « Je dirais qu’être un jeune élu local, c’est avoir l’âme d’un artiste et l’endurance d’un sportif de haut niveau. »

La course de fond ne fait que commencer

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Deux mois, désormais, que le jeune maire est dans le bain municipal ; c’est court, mais pourtant l’élu a déjà procédé à une analyse de terrain en s’appuyant sur ses connaissances juridiques ; il se destine en effet à une carrière d’avocat en droit pénal de l’urbanisme : «  Une matière qui me fascine, car le droit de l’urbanisme fait partie de la grande famille du droit public et cela touche à tout, pas seulement les collectivités, mais c’est aussi le lien avec les administrés, et ça, je m’en rends bien compte en 2 mois de mandat. Il n’y a pas mieux pour éprouver le droit que de le confronter au terrain, et c’est ce qu’on fait au quotidien. »
Sur le terrain, justement, l’édile souhaite adapter l’application de la loi SRU aux contraintes du territoire roquefortois soumis à un PPRIF. Il explore des solutions alternatives à la construction, comme la réhabilitation du parc de logements existant, ou encore faire connaître le principe de l’intermédiation locative pour encourager les propriétaires de logements vacants à louer.
Un autre axe de travail exigera de la patience : la vie au village. «  Vous arrivez sur la place du village, il n’y a pas un banc pour s’asseoir, pas toujours de quoi se restaurer. L’ancienne municipalité a bâti un centre, c’est une réussite, mais a échoué à lui donner vie ; il faut créer des synergies entre commerçants, artisans, entrepreneurs pour inciter les gens à rester sur Roquefort. Créer des fêtes, des lieux de partage, des espaces de coworking pour que les actifs demeurent sur place. » Une première manifestation organisée début mai, la fête du pain, a donné un avant-goût de cette politique de revitalisation.

Indemnités

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Ewan Corinaldesi dort peu, n’a pas toujours le temps de déjeuner, il navigue entre l’agglo, la mairie… et pourtant : «  Je ne me vois pas ailleurs.  » Il assume la charge de travail avec enthousiasme et dévouement jusqu’à renoncer à une partie de ses indemnités de maire pour la redistribuer à ses conseillers municipaux. «  Je touche 1 300 euros au lieu de 2 400. Je ne me voyais pas non plus, à vingt ans, gagner plus que certains agents municipaux qui sont à 1 500 euros. La CASA, c’est une charge en plus, c’est une autre mission ; donc là, je considère légitime d’être indemnisé pour le temps et l’énergie que je vais consacrer en plus à l’agglomération. » Avec un peu plus de 2 000 euros de la CASA et 1 300 de la commune, le jeune homme s’estime déjà très bien rémunéré et, comme il le répète : « J’estime qu’être maire, c’est une fonction, ce n’est pas un métier. »

Dans la même série de portrait lire : Sylvie Moreau : « J’ai envie qu’on reparle de Tende ! »


Marine Einaudi