Sylvie Moreau : « J’ai envie qu’on reparle de Tende ! »
- Par Marine Einaudi --
- le 29 mai 2026
Pour la première fois, les Tendasques ont élu une femme pour s’occuper des affaires de la Ville. Sylvie Moreau succède à Jean-Pierre Vassallo.
Il est 13 h ce jeudi 21 mai, la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone et le nouveau maire de Tende, Sylvie Moreau, discutent sur le parvis de l’hôtel de ville.
Décontractées, elles évoquent les attraits de la vallée de la Pia et de la Roya après un entretien plus formel dans le cabinet du maire.
et Sylvie Moreau ©ME
La sénatrice, loin de son fief niçois, confie faire la tournée des « nouveaux maires » : « contrairement aux députés qui ont une circonscription bien définie, les sénateurs doivent représenter l’entièreté d’un territoire dans sa diversité et ne surtout pas se couper de la montagne et de la ruralité. Je vais à la rencontre des nouveaux maires pour voir comment on peut les épauler et relayer les sujets qu’ils portent car on est plus fort quand on allie le national et le local. » La veille, Sylvie Moreau avait déjà reçu la visite de la sénatrice Alexandra Borchio Fontimp. La presse continue d’évoquer le parcours de celle qui a fait tomber le « monument » Jean-Pierre Vassallo. La nouvelle élue découvre le tourbillon de la vie publique : « J’ai voulu être maire pour le village, pas pour être dans le journal ou pour passer à la télé. J’avais d’ailleurs occulté cet aspect-là (rires). Mais c’est agréable de se sentir soutenue. » Sylvie Moreau ne cherchait pas la lumière, elle s’était juste promis qu’une fois à la retraite elle ferait quelque chose pour sa commune. « On a eu la tempête, on a perdu beaucoup d’habitants mais bon maintenant il faut avancer. Je pense qu’il faut redonner une dynamique au village, avec un peu de jeunesse, des idées et écouter la population qui a changé et qui demande plus de communication et d’explications sur les projets et les dossiers. »
Dynamisme
Madame le maire est une grande sportive : vélo, rando, moto, parapente… L’ancienne infirmière est convaincue que le sport est un élément fédérateur, essentiel pour redonner du dynamisme au village : « la communauté d’agglomération de la Riviera française va nous prêter des vélos électriques pour que les gens puissent aller se balader dans les environs plus facilement. J’ai envie de développer les structures sportives comme des terrains de volley sur la place de Tende et organiser des tournois inter-vallées, mettre en place des initiations à la pêche en sollicitant les pêcheurs de la commune, des concours de pétanque... » Recréer du lien entre les habitants du village au sein d’une salle intergénérationnelle est également un axe de travail. Le patrimoine vivant comme les fêtes locales (la Saint-Éloi), et la gastronomie, Sylvie Moreau évoque les recettes des grand-mères à transmettre pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli : « les sugelli, les pâtes tendasques à base de farine et d’eau ». Sylvie Moreau est prête à défendre et à valoriser le terroir pour retrouver une vie de village en perte de vitesse.
Les dossiers
Après Alex et la fermeture de l’hôpital Saint Lazare impacté par la tempête, la population du village a fortement diminué : de 2 300 habitants environ, la commune est passée à 1 700. Sylvie Moreau ne prétend pas avoir la solution, mais elle a déjà des pistes : « Revoir le PLU pour rendre des zones constructibles mais sans exagération car le but ce n’est pas de bétonner. Je vais aussi me pencher sur la vacance des logements et surtout leur vétusté. Il faut agir car notre village va s’effondrer si on ne se saisit pas du problème. Les gens ne veulent plus habiter dans le vieux Tende. Je ne voudrais pas en arriver à prendre des mesures extrêmes donc il faut que les propriétaires prennent leur part dans la rénovation de leur bien. » L’élue a justement profité de l’expertise de la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone : « elle doit me faire suivre les textes de loi qui pourront guider ma démarche. » Un autre dossier d’envergure transfrontalière a son attention : le tunnel de Tende dont les Italiens gèrent les travaux à 60 % ; l’édile n’est pas satisfaite des horaires d’ouverture à la circulation du tunnel et en a alerté le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Si Madame le maire n’aime pas se mettre en avant, elle a vite compris comment attirer la lumière sur son village. « J’ai envie qu’on reparle de Tende comme on en parlait il y a quelques années. »
