Saint-Martin-Vésubie (…)

Saint-Martin-Vésubie : La surprise Téobaldi

Il ne faisait pas partie du microcosme politique local et ne s’était jamais présenté à une élection. Après une campagne éclair, le géographe, expert en prospective, a créé la surprise en remportant la mairie de Saint-Martin-Vésubie.

Samedi 2 mai en fin d’après-midi, les rendez-vous se sont enchaînés dans le cabinet du maire à l’instar des tasses de café qui se sont accumulées sur son bureau. Depuis le début de son mandat, Jean-Christophe Téobaldi, fils et petit-fils de Saint-Martinois, tient les permanences du samedi pour recueillir les doléances de ses administrés.

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Entre le câble Enedis qui passe au milieu du jardin depuis cinq ans, les travaux de la toiture d’une maison de village bloqués par un copropriétaire introuvable, les sujets sont variés. « Le piège c’est de se focaliser sur les dossiers et d’oublier les doléances des habitants. Trois samedis et déjà 90 demandes plus ou moins complexes à gérer. » Ecouter, informer, consulter : le triptyque sera la colonne vertébrale de son mandat. Pour ce faire, il organise des réunions publiques. Il en a déjà tenue une, la prochaine sera fin mai. «  Je crois en la démocratie locale. Dans un village comme Saint-Martin, lors d’une réunion publique avec 200 personnes présentes, tu touches déjà 1/5e de la population qui va en parler à une ou deux personnes en rentrant et tu te rends compte que tu peux vite atteindre 60 % de la population.  »

Carte mentale

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Son idée : activer une dynamique de démocratie participative qui s’appuiera sur un pôle de compétences. «  Identifier toutes les compétences présentes sur la commune, recueillir la maîtrise d’usage de chaque habitant pour les cartographier et pouvoir les mobiliser sur des projets collectifs. » Le nouveau maire songe à des commissions extra-municipales pour faire fonctionner cette démocratie et il se donne jusqu’à l’automne prochain pour amorcer cette phase de son projet. Pour le moment, il élabore une stratégie d’actions pour répondre à l’urgence. Sur un pan de mur, la carte mentale des dossiers à suivre avec tous les champs d’action cartographiés. « Le mandat de maire colle bien à ma formation de géographe pluri-thématiques. C’est une fonction qui demande une faculté d’adaptation à tous les sujets. Le but du géographe, c’est l’analyse d’un territoire de ses composantes humaines, économiques, sociales, géomorphologiques, historiques. » Quand il reprend ses études, à 33 ans, après un parcours jalonné d’expériences professionnelles diverses, Jean-Christophe Téobaldi obtient un master en géographie puis se forme à la prospective (ensemble de pratiques qui ont pour objectif de préparer l’action présente, au moyen d’une réflexion sur le futur) au Conservatoire des Arts et Métiers à Paris. Consultant pendant 12 ans à Paris, il redescend au moment de la tempête Alex pour se mettre au service de la commune puis sera missionné par le département pour accompagner les sinistrés.

« Il y a eu des erreurs »

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Aujourd’hui, à 56 ans, il a décidé de consacrer entièrement son expertise à son rôle de maire : «  Il va falloir que Saint-Martin retrouve une vie normale au niveau de ses infrastructures comme c’était prévu à l’origine. On a toujours des passerelles provisoires, ce n’est pas acceptable. Dans la Roya, les choses ne se sont pas passées comme ça. A Saint-Martin, les choses sont plus complexes, certes, mais quand même il y a eu des erreurs, des manques. Je vais porter la voix de Saint-Martin à la métropole. Dans les dossiers techniques, je ferai remonter les besoins et j’assurerai le suivi car on ne peut pas tout reprocher à la métropole. Je me suis inscrit à cinq commissions pour défendre la voix du village. » Encore quantité de chantiers à gérer : les ponts, les berges, le cimetière, la route de la Madone… Le village n’a plus de médecin, les églises et les chapelles ont besoin d’être rénovées. Le logement est un axe de travail qui le préoccupe et retient une attention toute particulière : « Les actifs ne peuvent plus se loger à Saint-Martin, c’est le village le plus cher de la vallée. C’est une problématique à prendre au sérieux car une baisse des actifs peut avoir des conséquences à plus ou moins long terme, comme une fermeture de classe puis, dans 25 ans, de l’école, donc par extension des commerces. On peut imaginer que dans quelques années il n’y ait plus que des Airbnb et des résidences secondaires. Et quand il n’y a plus que ça dans un village, ça tue la vie. Donc je suis convaincu que le logement c’est la clé d’entrée. »

photo de une ©ME